« L’agriculture sans eau, on ne sait pas vraiment faire » : le cri d’alarme des agriculteurs sur l’A87 près d’Angers
Ce mardi, plusieurs agriculteurs se sont rassemblés sur le pont de l’A87 à hauteur de Mûrs-Erigné pour mener une action d’envergure à l’appel de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs...

Ce mardi, plusieurs agriculteurs se sont rassemblés sur le pont de l’A87 à hauteur de Mûrs-Erigné pour mener une action d’envergure à l’appel de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs de Maine-et-Loire. En bloquant l’axe durant quatre heures, les manifestants ont cherchés à dénoncer l’immobilisme administratif qui entrave le stockage de l’eau, une ressource qu’ils jugent indispensable à la souveraineté alimentaire du territoire. Une gestion qu’ils questionnent d’autant plus en cette période de crue intense.
Le rendez-vous était fixé dès 10h au rond-point de Haute-Perche, où un cortège de 97 tracteurs a convergé pour occuper les voies surplombant la Loire. Un choix du lieu qui coulait de source pour la FDSEA 49 et les Jeunes Agriculteurs en Maine et Loire qui organisait la mobilisation, quelques jours seulement après les crues impréssionantes qui ont touchées le département. Initialement prévue plus tôt dans le calendrier, elle a été décalée par sens des responsabilités lors de la vigilance crue rouge. Entre 11h et 16h30, près de 200 agriculteurs venus de tout le département se sont réunis pour interpeller l’État et l’opinion publique sur l’urgence climatique et productive.
Quatre heures de débit pour une année de souveraineté
Alors que la Loire affichait un débit impressionnant avoisinant les 4 000 à 5 000 mètres cubes par seconde suite aux récentes pluies, les agriculteurs ont fait un constat alarmant. « En 4 heures, on a vu passer sous nos pieds l’ensemble des besoins d’irrigation du Maine-et-Loire et l’ensemble des besoins pour l’abreuvement », a souligné Anthony Ménard, secrétaire générale de la FDSEA 49. Cela représente 54 millions de mètres cubes d’eau pour les cultures, et 11 millions pour l’élevage. Ce constat nourrit l’incompréhension des exploitants face à l’impossibilité de capter ce trop-plein hivernal : « Le bon sens paysan nous fait dire que de l’eau, il y en a. Par contre, elle est de plus en plus mal répartie ».
Le « mille-feuille administratif »
Le syndicat pointe du doigt une paralysie bureaucratique qu’il qualifie de « feuilleton administratif ». L’accumulation des réglementations sur les zones humides et la complexité des gouvernances locales au sein des agences de l’eau finiraient par bloquer toute velléité de projet. « Aujourd’hui, il n’y a plus rien qui peut se faire parce qu’on a un paquet de lois qui s’accumulent. On a des gouvernances de l’eau qui sont de plus en plus compliquées », déplore le secrétaire général. Selon lui, un déséquilibre s’est installé dans les instances décisionnelles. « On voit bien que dans ces instances, il n’y a plus rien qui se fait parce qu’il y a un espèce de discours ambiant qui voudrait dire que les besoins d’eau pour l’alimentation, c’est peut-être pas la priorité ».
Une sécurité vitale face au chaos climatique
Face aux prévisions du GIEC qui annoncent des épisodes de plus en plus contrastés, les agriculteurs réclament des politiques long-termistes. « L’eau est une sécurité pour les exploitants. Ce qu’on demande, ce n’est pas que tout le monde ait de l’irrigation, mais que chacun puisse accéder en fonction du projet qu’il a pour sécuriser une partie de ses revenus » précise Anthony Ménard.
Ne voulant pas bloquer les voies durant les périodes de forte affluence, les agriculteurs ont quittés l’A87 sous les coups de 16h30 mais ne cache pas que si rien ne bouge, des actions de ce genre auront encore et toujours lieux. En attendant, aucun accros n’a été a déploré et le site a été rendu dans l’état dans lequel il a été emprunté.
Dans le même temps, la confédération paysanne a annoncé l’organisation d’un barrage filtrant jeudi 5 mars pour alerter sur le projet de méga bassine des Alleuds.


