Méga-bassine aux Alleuds : barrage filtrant et interpellation des candidats à Brissac Loire Aubance
À dix jours des élections municipales, la mobilisation s’organise autour du projet controversé de méga-bassine aux Alleuds, sur la commune de Brissac Loire Aubance. La Confédération paysanne du...

À dix jours des élections municipales, la mobilisation s’organise autour du projet controversé de méga-bassine aux Alleuds, sur la commune de Brissac Loire Aubance. La Confédération paysanne du Maine-et-Loire annonce un barrage filtrant le jeudi 5 mars à partir de 7h30 afin d’alerter la population et d’interpeller les candidats sur les enjeux liés à ce dossier.
Un projet lié à l’extension de la carrière
Au cœur des tensions : l’extension prévue en 2026 de la carrière des Alleuds, qui entraînerait la destruction de 77 hectares de terres agricoles. Pour compenser cette artificialisation, le projet prévoit la construction d’une réserve d’eau de grande capacité — une méga-bassine de 350 000 m³ destinée à l’irrigation.
Selon les porteurs du projet, cette retenue permettrait de sécuriser l’approvisionnement en eau d’une douzaine d’exploitations agricoles. Mais pour la Confédération paysanne, cette compensation pose problème tant sur le plan environnemental que social.
Des critiques multiples
Le syndicat agricole dénonce en premier lieu la disparition de 77 hectares de terres agricoles, dont la restauration future reste incertaine. Il pointe également « l’accaparement d’un bien commun », estimant que la ressource en eau ne peut être réservée à un nombre restreint d’exploitations.
Parmi les autres inquiétudes avancées figurent la perturbation des cycles hydrologiques naturels du territoire et une répartition jugée inéquitable de l’eau au sein même du monde agricole local. La Confédération paysanne estime en outre que ce projet contribuerait à maintenir un modèle agricole intensif « non pérenne », au détriment d’installations paysannes plus respectueuses des ressources disponibles.
Le syndicat s’interroge également sur l’implantation envisagée d’un parc photovoltaïque sur 10 hectares supplémentaires de terres agricoles, considérant qu’une telle installation rendrait ces surfaces définitivement difficiles à restaurer.
Des alternatives revendiquées
Face à ce projet, la Confédération paysanne du Maine-et-Loire plaide pour un partage équitable des ressources essentielles, à la fois pour les habitants et pour les agriculteurs. Elle défend la possibilité d’irriguer les productions alimentaires via des systèmes jugés plus compatibles avec les écosystèmes, comme l’irrigation gravitaire, l’irrigation de surface ou encore la micro-irrigation.
Le syndicat appelle également à la préservation durable des terres agricoles, dans un contexte de pression foncière croissante.
Un appel aux candidats
À dix jours du scrutin municipal, les organisateurs invitent particulièrement les différentes listes électorales à venir échanger sur place lors du barrage filtrant. L’objectif : obtenir des positions claires sur l’avenir du projet et, plus largement, sur la gestion de l’eau et des terres agricoles dans la commune.
Cette mobilisation du 5 mars constitue une première étape avant une manifestation d’ampleur annoncée pour le samedi 11 avril 2026 à Brissac Loire Aubance, à l’initiative de la Confédération paysanne 49.


