“tentative de meurtre” sur un policier, le droniste de la prison d’Angers ira aussi rejoindre ses amis
Le tribunal correctionnel de Nantes a condamné un habitant de Vertou (Loire-Atlantique) à six ans de prison ferme, ce vendredi 27 février 2026, pour avoir approvisionné “en stupéfiants”,...

Le tribunal correctionnel de Nantes a condamné un habitant de Vertou (Loire-Atlantique) à six ans de prison ferme, ce vendredi 27 février 2026, pour avoir approvisionné “en stupéfiants”, par drones, des détenus des prisons de Nantes (Loire-Atlantique), Angers (Maine-et-Loire), La Roche-sur-Yon (Vendée), Le Mans (Sarthe), Ploemeur (Morbihan) ou encore Vivonne (Vienne).
Célestin XXX est très connu de la justice locale : il avait déjà été condamné à dix-huit reprises, par exemple pour avoir commis en 2020 des cambriolages à Erbray (Loire-Atlantique) et Martigné-Ferchaud (Ille-et-Vilaine), pour avoir tenté d’échapper à la Brigade anti-criminalité (BAC) au volant d’une Audi A3 volée sur les quais de Loire au Pellerin (Loire-Atlantique) la même année ou bien encore pour avoir volé un scooter à Clisson (Loire-Atlantique) l’année précédente.
Depuis sa sortie de prison en novembre 2024, le jeune homme de 26 ans s’était installé rue du Tenant à Vertou dans une maison de location avec sa compagne de 22 ans, réceptionniste dans un hôtel. Tous deux avaient “en projet d’avoir un enfant” et réfléchissent à un “protocole PMA” [Procréation Médicalement Assistée, ndlr], avait-il été dit en procédure. Sur le plan professionnel, il avait entamé “une formation de coffreur-brancheur” et est devenu “auto-entrepreneur dans l’achat-vente-location de véhicules” à Vertou.
Alors qu’il avait “envie de “changer de vie”, Célestin XXX avait toutefois vite replongé avec Lassana XXX, un “ami d’enfance” de Bouguenais, en approvisionnant les détenus notamment “en stupéfiants”. Un “Colt 45” et des “munitions” ont aussi été retrouvées chez lui à Vertou. Célestin XXX a aussi entraîné sa mère XXX, soupçonnée de “complicité”, dans sa chute : cette “employée de banque” de 54 ans avait notamment “caché” 11.000 € en liquide dans un placard “sous ses sous-vêtements”.
“IL SUFFIT QUE JE SOIS LA SEULE A SAVOR OU ILS SONT”
“Les gens qui travaillent en agence ont beaucoup plus d’heures de formation que nous sur les nouveaux flux financiers”, s’est défendue à l’audience cette femme qui travaille “au siège” de la Banque populaire et qui n’avait “pas ressenti le besoin” de prendre un avocat en garde à vue car elle n’avait “rien à se reprocher”. “Pour moi, ce n’était pas de l’argent illégal“, a-t-elle répété aux trois juges nantais. “Dans le cadre de mon métier, j’ai été témoin que des gens n’ont pas confiance dans les banques et gardent les espèces chez eux.”
“J’ai 15.000 € à cacher, il faut qu’ils soient bien cachés”, lui avait pourtant écrit son fils – qui était interdit bancaire – dans un message intercepté par la police. “Il suffit que je sois la seule à savoir où ils sont”, lui avait alors répondu sa mère, qui avait émis l’idée de les “enterrer dans une caisse quelque part dans le jardin” de sa maison à Saint-Sébastien-sur-Loire.
Son fils a en réalité fait “entre 50 et 80 livraisons” entre avril et décembre 2025, de son propre aveu, chacune se monnayant “entre 350 et 400 €”. Les commandes se faisaient “par Snapchat” et le règlement par “cartes PCS” : ces cartes prépayées ne nécessitent pas d’avoir de compte bancaire ou de justifier de revenus. Ce jeune qui “excelle dans le pilotage de drone”, de l’avis-même de la procureure de la République, avait finalement été trahi par son ADN : il a été retrouvé sur un appareil “tombé” en maison d’arrêt à Angers.
Ce jeune qui “dronait avant tout pour le loisir”, initialement, n’en a d’ailleurs pas fini avec la justice : il a été mis en examen et a fait l’objet d’un mandat de dépôt criminel pour “tentative de meurtre” sur un policier qui voulait le contrôler à Angers (Maine-et-Loire) cette nuit-là du 4 novembre 2025 où il a perdu son drone.
UNE “AFFAIRE EXTREMEMENT MEDIATISEE”
Célestin XXX était convoyé sur chaque “livraison” nocturne par Lassana XXX, qui n’a reconnu “aucune des infractions” qui lui étaient reprochées. “J’étais payé par un ami pour l’emmener à un point A”, a-t-il simplement résumé, admettant juste avoir accepté “de l’argent facile”, n’avoir “jamais posé de questions” et avoir “préféré fermer les yeux”.
Ce jeune de 24 ans était de toutes façons “la plupart du temps sous protoxyde d’azote” quand il conduisait, a-t-il cru bon de préciser pour minimiser la conscience qu’il pouvait avoir de ses méfaits. Les substances marron qui se trouvaient dans la galerie photo de son téléphone n’étaient “pas des stupéfiants” mais “du henné noir” qu’il avait “ramené du Sénégal”.
Lassana XXX est en fait un jeune “influençable”, “trop gentil” et “avec de mauvaises fréquentations” pense sa mère adoptive : il a déjà été condamné à trois reprises, notamment avec Célestin XXX pour un “usage de stupéfiants” en 2023. “J’ai été puni avec ces trois mois de prison : j’ai vu que ce n’était pas mon monde”, a-t-il soufflé lors de leur procès.
“C’est un dossier qui a fait beaucoup de bruit au moment de l’interpellation des uns et des autres”, avait toutefois rappelé la procureure de la République à propos de cette “affaire extrêmement médiatisée”. “La protection des maisons d’arrêt est devenue une préoccupation nationale. C’était presque du jamais-vu à l’époque, il n’y avait jamais eu autant de largages : onze drones ont été récupérés, des téléphones et des kilos de drogue ont été saisis ! Mais on ne lâchera pas.”
SON “AMI D’ENFANCE” VOULAIT “PEUT-ETRE DEVENIR SKIPPER DANS LE SUD DE LA FRANCE”
Lassana XXX qui avait “démissionné” de son contrat à durée indéterminée (CDI) d’agent d’entretien pour devenir “peut-être skipper dans le sud de la France” est ainsi reparti pour deux ans en prison, ce vendredi 27 février 2026, au terme de son procès. Neuf autres mois de prison, qui avaient été initialement prononcés avec sursis, ont été révoqués par la même occasion. Il n’aura toutefois pas à payer l’amende de 8.000 € qui avait été réclamée par la représentante du ministère public.
Célestin XXX a lui écopé de six ans de prison ferme, comme l’avait requis le parquet. Son avocat, Me Aristote Toussaint, avait pourtant rappelé que l’ADN du jeune homme n’avait été retrouvé que sur “un seul” drone alors que dix autres ont été saisis. L’administration pénitentiaire a par ailleurs dénombré “464” survols de drones sur la seule année 2025. Son client devra payer une amende de 15.000 € au Trésor public – la procureure en avait réclamé une de 10.000 € – et le drone qui avait été retrouvé à Angers lui a été saisi.
Sa mère – jusqu’alors inconnue de la justice et “qui joue très clairement les naïves” pour la procureure de la République – a été condamnée à dix-huit mois de prison avec sursis. Elle n’aura pas à payer l’amende de 3.000 € requise par la procureure de la République, mais sa peine a été inscrite sur la partie du casier judiciaire accessible aux employeurs.
“Elle a déjà fait 96 heures de garde à vue et a fait l’objet d’un placement sous contrôle judiciaire, c’est déjà une réponse pénale assez importante”, avait pourtant plaidé Me Sabrina Demane, son avocate dans cette affaire de “dropshipping” illicite. Sur un plan personnel, cette mère de quatre enfants avait confié en garde-à-vue avoir pour projets de “finir sa carrière à la banque”, de “finir les travaux” en cours dans son logement et de “devenir grand-mère”./KL et GF


