Bureaux, télétravail, coworking : à Angers, Simon Gérard voit le monde du travail changer
Depuis 2013, Simon Gérard et Julien Fournier ont fait le pari du coworking à Angers. À l’époque, le concept était encore largement inconnu sur le territoire. Treize ans plus tard, WeForge compte six sites dans l’Ouest et plus de 600 entreprises membres. Alors qu’une table ronde consacrée à l’avenir du coworking se tient ce mercredi 9 septembre à WeForge Angers Gare, son cofondateur défend une vision qui dépasse largement la simple location de bureaux.

Le coworking a changé de visage.
Il y a encore quelques années, les espaces de travail partagés étaient principalement associés aux freelances, aux start-up et aux jeunes entrepreneurs. Aujourd’hui, ils accueillent aussi des PME, des salariés en télétravail, des équipes de grands groupes et des entreprises qui cherchent davantage de souplesse dans leur immobilier.
À Angers, Simon Gérard fait partie de ceux qui ont vu cette transformation arriver très tôt.
Avec Julien Fournier, il crée WeForge en 2013, alors que l’offre de coworking n’existe pratiquement pas dans la ville. Leur idée n’est pas simplement de louer des bureaux, mais de créer une communauté d’entrepreneurs.
« Mettre des talents ensemble pour créer des étincelles », résume aujourd’hui Simon Gérard lorsqu’il revient sur la philosophie qui a guidé la création de WeForge.
En 2013, le pari semblait loin d’être gagné
Simon Gérard se souvient lui-même des débuts.
Dans une publication LinkedIn consacrée aux dix ans de WeForge, il raconte qu’en 2013, « l’offre des espaces partagés et du coworking n’existait pas encore sur le territoire angevin ». Avec Julien Fournier, le projet consistait à créer une communauté autour de l’entrepreneuriat, des start-up et du numérique, avec un point d’ancrage au cœur d’Angers.
Le premier camp de base s’installe rue Lenepveu.
Treize ans plus tard, WeForge occupe toujours cette adresse historique, mais l’entreprise s’est largement développée.
Le réseau compte désormais six sites : deux à Angers, deux à La Roche-sur-Yon, un à Cholet et un au Mans. L’ouverture de WeForge Angers Gare, rue Max-Richard, a notamment permis d’ajouter plus de 700 m² à l’offre angevine.
« L’ADN de WeForge ? C’est sa communauté »
C’est probablement la phrase qui résume le mieux la vision de Simon Gérard.
Dans une interview accordée à ALDEV pour l’ouverture du site proche de la gare, le cofondateur explique que la demande avait dépassé la capacité du site historique de la rue Lenepveu.
Mais l’agrandissement ne consiste pas uniquement à ajouter des mètres carrés.
« L’ADN de WeForge ? C’est sa communauté », explique-t-il.
Derrière cette formule se cache un modèle économique assez différent de celui d’un immeuble de bureaux traditionnel.
On vient chez WeForge pour travailler, mais aussi pour rencontrer d’autres entrepreneurs, trouver un prestataire, développer son réseau, organiser une réunion ou simplement ne pas travailler seul.
Le site historique de WeForge est d’ailleurs présenté comme un lieu où se côtoient freelances, entreprises de deux à vingt salariés, salariés en télétravail et équipes innovation de grands groupes.
Plus de 1 500 entreprises sont déjà passées par WeForge
Le changement d’échelle est particulièrement visible dans les chiffres communiqués par Simon Gérard.
Dans son entretien publié par ALDEV en janvier 2026, il indique que plus de 1 500 entreprises sont passées par les espaces WeForge depuis leur création, avec environ 600 membres actifs.
Le réseau représente désormais près de 3 700 m² à Angers avec l’ouverture du site de la gare. Simon Gérard indique également que les entrepreneurs accompagnés ont généré plus de 300 millions d’euros de chiffre d’affaires cumulé en 2025.
WeForge n’est donc plus seulement une adresse où l’on vient poser son ordinateur.
C’est devenu un écosystème économique.
Le bureau n’est plus forcément le même pour tout le monde
C’est là que le phénomène du coworking devient particulièrement intéressant pour les entreprises.
Pendant des décennies, le modèle était relativement simple : une entreprise louait des bureaux, y installait ses salariés et conservait ces locaux pendant plusieurs années.
Le développement du télétravail a changé la donne.
Pourquoi conserver plusieurs centaines de mètres carrés lorsque les salariés ne sont présents que quelques jours par semaine ? Pourquoi louer dix bureaux si une entreprise n’en utilise réellement que six ? Et comment accueillir rapidement une nouvelle équipe sans signer immédiatement un nouveau bail ?
Les espaces de coworking apportent une réponse à ces questions.
Et Simon Gérard défend depuis longtemps cette souplesse.
Dès 2020, en pleine crise sanitaire, il expliquait que les bureaux partagés pouvaient apporter « de la souplesse aux modèles de travail traditionnels ».
Une vision qui, depuis, n’a fait que gagner en importance.
Le coworking ne remplace pas le bureau : il le transforme
Pour Simon Gérard, le sujet n’est donc pas simplement de savoir si les salariés vont continuer à venir au bureau.
La question est plutôt de savoir à quoi doit ressembler le bureau de demain.
Les espaces de coworking permettent d’imaginer un modèle hybride : une partie du travail à domicile, quelques journées au siège de l’entreprise et, pour certains salariés, un espace partagé plus proche de leur domicile.
Cette évolution intéresse également les acteurs de l’immobilier.
À Angers, le développement de nouveaux espaces de coworking accompagne ainsi la transformation de plusieurs quartiers et l’évolution de la demande en matière de bureaux.
Le coworking devient même un outil d’attractivité pour certains territoires.
Une nouvelle bataille autour de l’attractivité des villes
C’est précisément le thème de la table ronde organisée ce mercredi 9 septembre à WeForge Angers Gare.
Le débat réunit notamment Olivier Véran, ancien ministre, Simon Gérard, mais aussi Virginie Beurton-Le Mignon, Damien Pierre et Agnès Ramé, autour de l’impact du coworking sur l’attractivité des territoires, la revitalisation des centres-villes et les nouveaux usages de l’immobilier tertiaire.
Le choix de WeForge pour accueillir cette discussion n’est évidemment pas anodin.
L’entreprise est elle-même devenue un exemple de cette transformation.
Son réseau s’étend désormais d’Angers à La Roche-sur-Yon, Cholet et Le Mans, avec plus de 600 entreprises membres.
Simon Gérard désormais à la tête du collège des grands acteurs du coworking
Le rôle du cofondateur angevin dépasse d’ailleurs désormais largement les frontières de son entreprise.
En mars 2026, Simon Gérard a été élu président du collège des grands acteurs du coworking au sein du Synaphe, le syndicat national des professionnels de l’hébergement d’entreprises.
Une fonction qui lui donne désormais une voix au niveau national pour défendre les intérêts du secteur.
Sur LinkedIn, il résume cette nouvelle étape en rappelant la conviction qui animait déjà WeForge en 2013 : celle d’un travail « plus collectif, plus flexible, plus ancré dans les territoires ».
Une formule qui résume finalement assez bien ce qui s’est passé à Angers en treize ans.
De la rue Lenepveu à six sites dans l’Ouest
En 2013, WeForge était un pari.
Aujourd’hui, l’entreprise dispose de deux sites à Angers, deux à La Roche-sur-Yon, un à Cholet et un au Mans. Le réseau continue parallèlement à développer ses activités autour de l’accompagnement entrepreneurial, des événements professionnels et de l’innovation.
Et Simon Gérard ne semble pas considérer le modèle comme arrivé à maturité.
Dans son interview récente, il évoque notamment le développement d’une nouvelle brique digitale destinée à élargir encore l’offre de services de WeForge.
Le coworking angevin est donc peut-être en train de changer de nature une nouvelle fois.
Après avoir été une solution pour les indépendants et les start-up, il devient progressivement un élément de la stratégie immobilière des entreprises et un outil d’attractivité pour les territoires.
Et c’est probablement là que se situe le véritable enjeu de la table ronde organisée ce mercredi à Angers : non pas savoir si le coworking va remplacer les bureaux, mais comprendre comment il est en train de redessiner notre manière de travailler et, avec elle, nos villes.
en partenariat avec REGIEPRO


