Economie
Économie : un mois de novembre contrasté mais résilient dans les Pays de la Loire

Portée par une enquête de la Banque de France menée auprès de près de 8 500 entreprises entre le 26 novembre et le 3 décembre, la dynamique économique nationale apparaît de nouveau positive. Mais dans les Pays de la Loire, la situation se révèle plus contrastée, avec un territoire qui résiste malgré un net ralentissement industriel et un secteur du bâtiment en perte de vitesse.
Une activité nationale en hausse, tirée par l’industrie
Au niveau national, l’activité économique poursuit sa progression en novembre. L’industrie se distingue particulièrement, affichant une croissance au-dessus de sa moyenne de long terme pour le sixième mois consécutif, plus forte encore que ce que prévoyaient les chefs d’entreprise le mois précédent.
L’accélération est portée par les produits informatiques, électroniques et optiques, tandis que l’agroalimentaire et l’automobile amorcent un redémarrage encourageant.
Pour décembre, les entreprises anticipent une activité toujours en croissance dans l’industrie, mais à un rythme moins soutenu, tandis que les services et le bâtiment évolueraient peu.
Les carnets de commandes restent jugés maigres dans l’industrie, mais moins dégradés dans le bâtiment. La trésorerie des entreprises demeure, elle, jugée globalement équilibrée.
Incertitude politique et difficultés persistantes
L’indicateur mensuel d’incertitude, basé sur l’analyse des commentaires laissés par les entreprises, se replie nettement, mais demeure à un niveau élevé, essentiellement en raison du contexte politique national.
Les difficultés d’approvisionnement restent limitées (8 % des entreprises), sauf dans les matériels de transport et les machines et équipements.
Côté prix, les industriels estiment leurs tarifs stables, tandis que le bâtiment continue d’afficher des prix orientés à la baisse. Dans les services, la hausse des prix reste très modérée.
Les difficultés de recrutement — encore citées par 16 % des entreprises — se relâchent progressivement, notamment dans les services.
Sur l’ensemble du trimestre, les données recueillies conduisent à estimer une progression du PIB d’environ 0,2 % au quatrième trimestre.
Pays de la Loire : une industrie régionale en repli
Contrairement à la tendance nationale, la production industrielle des Pays de la Loire recule en novembre. Les carnets de commandes, en revanche, restent conformes aux attentes, témoignant d’une demande encore présente. Les effectifs, eux, se maintiennent, signe que les entreprises ne souhaitent pas déstabiliser leur organisation.
Pour décembre, les industriels ligériens misent sur une stabilité de la production, sans rebond significatif mais sans nouvelle chute non plus.
Services marchands : stabilité fragile et trésorerie sous tension
Dans les services marchands, l’activité régionale se stabilise, avec cependant des disparités selon les secteurs.
Les prix évoluent légèrement à la hausse, mais les niveaux de trésorerie — déjà fragiles ces derniers mois — demeurent sous tension.
Les chefs d’entreprise prévoient, pour décembre, un maintien de l’activité, sans véritable accélération.
Un bâtiment en difficulté dans toute la région
C’est dans le bâtiment que la situation est la plus préoccupante.
En novembre, l’activité ralentit nettement dans les deux grandes filières : le gros œuvre et le second œuvre. Les effectifs, pour l’heure, restent stables, mais les prix des devis repartent à la baisse, confirmant une pression économique importante.
Pour décembre, les perspectives ne s’améliorent pas : les entreprises anticipent une nouvelle contraction de l’activité, conséquence directe d’un niveau de commandes insuffisant.
Une région résiliente mais vigilante
Entre dynamisme national et fragilités locales, les Pays de la Loire abordent la fin d’année avec prudence.
L’industrie régionale montre des signes de faiblesse, les services se maintiennent sans élan et le bâtiment demeure en difficulté.
Pour autant, la stabilisation des effectifs et la résistance des carnets de commandes laissent entrevoir une capacité du territoire à encaisser les chocs, en attendant une éventuelle relance début 2026.
