Sarthe
Renault confirme un projet de drones militaires avec Turgis Gaillard en Sarthe
Renault a confirmé lundi 19 janvier au soir à l’AFP que « la démarche se concrétisait » en vue de la création d’une filière française de fabrication de drones militaires. Le groupe automobile évoque « un projet en partenariat avec Turgis Gaillard », confirmant ainsi les informations révélées plus tôt par Usine Nouvelle.
Des sites industriels identifiés, sans validation officielle
Selon le média spécialisé, Renault prévoirait de produire des drones militaires dans ses usines du Le Mans et de Cléon, dans le cadre d’un contrat potentiel estimé à un milliard d’euros sur dix ans. Le site sarthois fabriquerait les structures et pièces, tandis que l’usine normande serait chargée de la production des moteurs. Renault n’a toutefois pas confirmé ces localisations, indiquant que les représentants du personnel devaient être informés en priorité.
Un partenariat sous contrôle de l’État
Selon France 3, le constructeur précise que ce projet serait conduit « sous l’égide de la Direction générale de l’armement ». De son côté, Turgis Gaillard, qui compte environ 400 salariés, est spécialisée dans les systèmes de défense et a récemment lancé un drone de combat.
Une sollicitation directe du ministère des Armées
Renault a rappelé à l’AFP avoir été approché par les autorités françaises. « Sollicité par le ministère des Armées français, Renault Group a été invité à mettre son expertise au service du développement d’une filière française de drones », a indiqué le groupe, mettant en avant ses capacités industrielles.
« Un savoir-faire recherché »
Le constructeur insiste sur ses atouts industriels : « Renault Group dispose en effet d’un savoir-faire recherché: concevoir, industrialiser et produire en grande série des objets hautement technologiques, tout en maîtrisant la qualité, les coûts et les délais ».
Un projet encore encadré socialement
Renault explique toutefois ne pas pouvoir valider publiquement certains éléments. « Nous ne pouvons confirmer les sites mentionnés dans les médias au regard de l’avancée du projet et pour respecter le processus de consultation des instances représentatives du personnel », a précisé le groupe à l’AFP.
Une orientation évoquée au plus haut niveau de l’État
En juin dernier, le ministre des Armées de l’époque, Sébastien Lecornu, avait déjà évoqué « un partenariat complètement inédit où une grande entreprise produisant des voitures françaises » devait « s’allier avec une PME de défense française pour armer des lignes de production en Ukraine pour être capables de produire des drones ».
Des volumes industriels ambitieux
Renault avait assuré à ses salariés en septembre ne pas vouloir devenir « un acteur majeur de la défense » et conditionner son engagement à un « impact positif sur l’activité » en France, sans fragiliser l’automobile. De son côté, le ministère des Armées visait une production de drones à grande échelle, le directeur général de l’armement Emmanuel Chiva évoquant début 2025 des volumes de « plusieurs milliers en quelques mois ».