Sante
Lactalis rappelle des laits infantiles en raison d’un risque de contamination bactérienne
Le groupe laitier Lactalis a annoncé mercredi le rappel de six lots de lait infantile de la marque Picot commercialisés en France, en raison de la présence potentielle de céréulide, une toxine d’origine bactérienne susceptible de provoquer des troubles digestifs tels que diarrhées et vomissements chez les nourrissons. L’opération est menée à titre de précaution, aucun cas de maladie n’ayant été signalé à ce stade.
Selon les précisions apportées par Lactalis à l’Agence France-Presse, l’alerte concerne un ingrédient fourni par un acteur international, utilisé dans la fabrication de certains laits infantiles. Il s’agit de l’ARA (acide arachidonique), un oméga-6 naturellement présent dans le lait maternel et ajouté à certaines préparations pour nourrissons. Le fournisseur incriminé aurait livré cet ingrédient dans plusieurs pays, entraînant des rappels au-delà des frontières françaises.
Au total, 18 pays seraient concernés, principalement en Amérique latine, ainsi que l’Espagne, où des mesures de retrait similaires ont été engagées. Cette dimension internationale illustre la forte interdépendance des chaînes d’approvisionnement dans l’industrie agroalimentaire, en particulier pour les produits destinés aux très jeunes enfants.
Le céréulide est une toxine produite par certaines souches de la bactérie Bacillus cereus. Redoutée dans le domaine de la sécurité alimentaire, elle présente la particularité d’être résistante à la chaleur, ce qui signifie qu’elle ne peut pas être éliminée par une simple ébullition. Chez les nourrissons, population particulièrement vulnérable, son ingestion peut entraîner des symptômes digestifs parfois sévères, justifiant une vigilance accrue.
Lactalis assure avoir immédiatement activé ses procédures de sécurité, en coordination avec les autorités sanitaires, afin d’identifier les lots concernés et d’informer les distributeurs et les consommateurs. Le groupe rappelle que les parents doivent cesser toute utilisation des produits visés et se tourner vers des alternatives sûres, disponibles en pharmacie ou en grande surface.
Ce nouvel épisode intervient dans un contexte de sensibilité particulière autour des laits infantiles, plusieurs scandales sanitaires ayant marqué le secteur ces dernières années. Il relance également le débat sur la traçabilité des matières premières et la responsabilité des fournisseurs internationaux dans la chaîne de production de produits destinés aux nourrissons.