Agriculture

Maine-et-Loire. Une enquête de L214 met en cause un élevage de lapins fournissant Carrefour

Publié

le

L214

L’association de protection animale L214 a rendu publique, ce jeudi 22 janvier, une enquête menée dans un élevage de lapins situé à Beaupréau-en-Mauges, en Maine-et-Loire. L’exploitation, baptisée LapiMauges, approvisionne notamment la Filière Qualité de Carrefour en viande de lapin. Les images diffusées par l’association montrent des conditions d’élevage que L214 juge incompatibles avec les engagements pris par l’enseigne de grande distribution en matière de bien-être animal.

Selon L214, des milliers de lapins y sont élevés en cages grillagées, sans accès à l’extérieur ni à la lumière naturelle. Plus de 600 lapines reproductrices seraient confinées dans des cages individuelles, donnant naissance à environ 4 000 lapereaux toutes les six semaines. Les images, tournées en novembre et décembre 2025, montrent des animaux entassés, certains blessés ou malades, ainsi que des cadavres conservés dans un congélateur.

L’association décrit un environnement qu’elle estime inadapté aux besoins physiologiques et comportementaux des lapins, évoquant notamment l’isolement des femelles reproductrices, la forte densité lors de l’engraissement et l’absence de soins pour les animaux les plus faibles. L214 dénonce également les conditions de manipulation et de transport des lapins vers l’abattoir.

Des engagements de Carrefour remis en question

Cette enquête relance le débat autour des engagements pris par Carrefour concernant la fin de l’élevage en cage pour les lapins. Dès 2020, le groupe avait annoncé que 100 % de la viande de lapin vendue sous ses marques propres proviendrait d’élevages hors-cage à l’horizon 2023. Un objectif ensuite repoussé à 2025 dans des rapports ultérieurs.

Or, selon les données citées par L214, la grande majorité des approvisionnements de Carrefour en viande de lapin proviendrait encore d’élevages en cage. L’association de protection animale CIWF (Compassion in World Farming), qui avait initialement salué l’engagement de Carrefour, a d’ailleurs retiré temporairement une distinction accordée à l’enseigne, estimant que les promesses n’avaient pas été tenues.

L214 considère que la commercialisation de viande issue de cet élevage dans le cadre de la « Filière Qualité Carrefour », présentée comme visant l’amélioration du bien-être animal, constitue une contradiction majeure.

Une plainte déposée, des mobilisations annoncées

À la suite de cette enquête, L214 a annoncé le dépôt de plaintes contre l’exploitation pour mauvais traitements envers les animaux, et contre Carrefour pour tromperie du consommateur. La liste précise des infractions reprochées doit être communiquée ultérieurement.

Parallèlement, l’association prévoit des actions de sensibilisation devant 36 magasins Carrefour partout en France ce samedi 24 janvier. Les militants entendent informer les clients des conditions d’élevage des lapins et appeler l’enseigne à réduire sa dépendance à l’élevage intensif.

Un débat plus large sur l’élevage intensif

Au-delà de ce cas précis, L214 demande à Carrefour de s’engager dans le « Plant Protein Pact », une initiative visant à réduire de moitié le nombre d’animaux abattus pour l’alimentation, notamment par le développement d’alternatives végétales et la diminution des promotions sur les produits issus de l’élevage intensif.

De son côté, Carrefour n’a pas encore réagi publiquement à cette nouvelle enquête. L’enseigne avait, par le passé, mis en avant la complexité des filières et la nécessité d’accompagner progressivement les éleveurs dans la transition vers des modes de production alternatifs.

L’affaire pourrait ainsi raviver les tensions entre distributeurs, associations de protection animale et filières agricoles, dans un contexte où les attentes sociétales en matière de bien-être animal se font de plus en plus pressantes.

Cliquer pour commenter

Les + vus

Quitter la version mobile