Grand Ouest

CHU d’Angers : 2026, une année charnière entre grands chantiers et tensions hospitalières

Publié

le

CHU Jouannet Catherine – Une photo intérieure de la blanchisserie.

« 2026, pour nous, c’est une année importante. Quand je dis “nous”, ce sont les professionnels, mais aussi les citoyens de la ville d’Angers », insiste Cécile Jaglin-Grimonprez, directrice générale du CHU d’Angers. Après plusieurs années de préparation, de nombreux projets entrent dans une phase concrète, dans un contexte hospitalier encore marqué par de fortes tensions, notamment aux urgences.

Convergences : le grand projet entre dans le concret

Le programme Convergences, destiné à moderniser les urgences et les soins critiques, franchit une étape décisive en 2026. Les entreprises chargées des travaux sont en cours de sélection et une première pierre devrait être posée à l’été. Les travaux débuteront sur les 20 000 m² libérés après la déconstruction des anciens bâtiments.

L’avis favorable du commissaire enquêteur sur l’enquête publique a été transmis au préfet et les procédures d’autorisation se poursuivent. En parallèle, le CHU engage un travail approfondi avec les professionnels et les patients afin de repenser les parcours de soins. « Notre souhait, c’est d’être vraiment dans l’expérience utilisateur, à la fois pour les professionnels et pour les usagers », souligne la directrice. Des ateliers associant soignants et patients démarreront dès cette année autour de la chirurgie de la cataracte et de la prise en charge des accidents vasculaires cérébraux, en amont de la livraison du bâtiment prévue en 2029.

Saint-Nicolas et le Césame : des chantiers qui avancent

Sur le site Saint-Nicolas, les études touchent à leur fin et la consultation des entreprises va être lancée. Cette opération, plus rapide que Convergences, devrait elle aussi voir une première pierre posée à l’été 2026, pour une livraison en 2029, représentant un investissement de 37 millions d’euros.

Au printemps, le site du Césame accueillera la nouvelle blanchisserie interhospitalière. Un équipement très attendu, tant les installations actuelles sont vieillissantes. Cette livraison permettra également de libérer du foncier sur le site des Capucins, afin d’engager la déconstruction des anciens bâtiments logistiques et de préparer la future plateforme pharmaceutique et logistique du CHU, indispensable au fonctionnement du futur hôpital Convergences.

Prévention et innovation : un changement d’échelle

L’année 2026 marque aussi un tournant en matière de prévention. Après une phase expérimentale, le CHU déploie une politique institutionnelle à grande échelle, avec l’objectif d’utiliser les temps d’attente des patients comme des moments utiles pour la santé. Grâce à des outils numériques et des auto-questionnaires, certains risques pourront être détectés plus tôt et abordés directement lors des consultations.

En parallèle, les tiers-lieux d’innovation en santé atteignent une phase de maturité. L’Hôpital Digital Lab, récemment organisé à Terra Botanica, a réuni des professionnels venus de toute la France autour de projets portés par des soignants du territoire. « C’est une façon de s’assurer que l’innovation est pensée dès le départ pour être réellement utilisable sur le terrain », rappelle Cécile Jaglin-Grimonprez.

Une cellule d’écoute psychiatrique pour désengorger les urgences

Face à la pression croissante sur les urgences, notamment liée aux passages psychiatriques, la directrice générale a annoncé la montée en puissance d’une cellule d’écoute psychiatrique adossée au Service d’accès aux soins. Cette nouvelle organisation vise à proposer une réponse personnalisée aux patients qui appellent le Centre 15 pour un motif psychiatrique.

« Il ne s’agit pas de créer de nouvelles urgences psychiatriques, mais d’apporter une réponse adaptée en amont, avec le temps nécessaire pour écouter, rassurer et orienter les patients », explique Cécile Jaglin-Grimonprez. Les appels, qui pourront durer jusqu’à trente minutes, seront pris en charge par des infirmiers spécialisés en psychiatrie, capables d’orienter les patients vers les dispositifs les plus adaptés sur le territoire, sans passage systématique par les urgences.

Cette cellule travaillera en lien étroit avec les acteurs de santé du Maine-et-Loire, notamment les équipes mobiles de psychiatrie du Césame, capables d’intervenir y compris au domicile des patients. Dans les départements où ce type de dispositif existe déjà, une baisse de 15 à 30 % des passages aux urgences pour motif psychiatrique a été observée. « C’est une réponse que nous apportons avant tout à la population », insiste la directrice, rappelant que le projet était engagé bien avant les tensions actuelles.

Urgences : une pression toujours forte en janvier

Malgré ces évolutions, la situation reste tendue aux urgences adultes du CHU. Le 5 janvier 2026, l’établissement a activé le premier niveau du plan Hôpital en tension. En janvier, l’activité moyenne atteint 168 passages quotidiens, soit une hausse significative par rapport aux années précédentes. Ce jeudi 22 janvier à la mi-journée, 29 patients étaient encore en attente d’une hospitalisation post-urgences, dont près de la moitié relevaient de la psychiatrie.

Pour faire face, des lits ont été transformés et une unité temporaire de dix lits ouvre à compter du 23 janvier, le temps de passer le pic épidémique hivernal. La direction souligne l’engagement et la solidarité des équipes mobilisées pour assurer la continuité des soins.

Mobilisation des équipes et difficultés au Centre 15

Dans ce contexte, un mouvement de grève des personnels paramédicaux des urgences a débuté le 19 janvier. La direction assure poursuivre le dialogue social et reconnaître l’intensité de l’activité des équipes. « Je comprends leur exaspération et je la partage », a déclaré Cécile Jaglin-Grimonprez, rappelant que les locaux actuels ne sont plus adaptés à une fréquentation aussi élevée.

Au Centre 15, la situation reste également sous tension du côté des assistants de régulation médicale. Si aucun poste de médecin urgentiste n’est vacant, le recrutement des ARM demeure difficile, en raison notamment d’un niveau de formation renforcé au niveau national. La directrice se veut toutefois rassurante quant à la continuité et à la qualité de la réponse apportée à la population.

Tenir le cap jusqu’à 2029

Entre grands chantiers immobiliers, innovations organisationnelles et gestion de crises récurrentes, le CHU d’Angers avance sur une ligne de crête. « Nous manquons de place aujourd’hui, mais Convergences sera l’une de nos réponses », martèle Cécile Jaglin-Grimonprez. Une perspective à l’horizon 2029, en attendant laquelle 2026 s’annonce comme une année clé pour l’hôpital et pour les Angevins.

Cliquer pour commenter

Les + vus

Quitter la version mobile