Citoyenneté
Un restaurateur près d’Angers confronté à une facture téléphonique de 85 000 euros après un voyage aux États-Unis
Restaurateur à Trélazé, près d’Angers, dans le Maine-et-Loire, un chef d’entreprise se retrouve aujourd’hui au cœur d’un litige avec Bouygues Télécom Entreprise. En cause : une consommation de données mobile jugée anormale lors d’un séjour professionnel aux États-Unis, et une facture hors forfait qui atteint 85 000 euros.
« J’avais pourtant pris une option internationale avant de partir »
Avant son départ aux États-Unis, ce restaurateur de Trélazé, habitué aux déplacements professionnels, prend ses précautions. « J’ai un forfait chez Bouygues Télécom Entreprise. Pour mon voyage, j’ai souscrit une extension de 20 Go pour l’étranger. Elle m’a coûté 15 euros », explique-t-il.
Durant les deux semaines sur place, il consulte régulièrement son suivi de consommation. « Tous les jours, je regardais. Je voyais combien de gigas étaient consommés. Tout semblait normal. »
17,4 Go consommés en 24 heures : « Je ne comprends toujours pas »
À la fin du séjour, la situation se dégrade brutalement. « À l’avant-dernier jour, l’extension de 20 Go était consommée. Jusque-là, je peux l’entendre. Mais en 24 heures, 17,4 Go ont été utilisés d’un coup. Je ne sais pas comment. »
Peu après son retour en Maine-et-Loire, la facture tombe. « On me demande 85 000 euros de hors forfait. C’est totalement aberrant. »
« Pour Bouygues, c’est de ma responsabilité »
Le restaurateur contacte immédiatement l’opérateur. « Je les ai appelés. Pour eux, c’est entièrement de ma faute. Ils me disent que c’est à moi de surveiller constamment ma consommation. »
Un argument difficile à entendre pour ce professionnel.
« Je veux bien surveiller, mais quand tout se passe en 24 heures, c’est impossible de réagir. »
Il affirme également n’avoir reçu aucune alerte. « Il existe un seuil d’alerte à 5 000 euros. Je n’ai jamais rien reçu. »
Une « solution » commerciale qui passe mal
Face à sa contestation, Bouygues Télécom Entreprise propose une alternative. « Ils m’ont expliqué que si je basculais toutes les lignes de mes salariés chez eux, j’aurais une réduction de 80 %. »
Une réduction qui ramènerait la facture à 12 000 euros, avec des mensualités proches de 500 euros par mois. « On me demande en clair de m’engager encore plus pour payer une facture que je conteste. »
Un litige qui dure depuis plusieurs mois
Le différend est ouvert depuis fin novembre – début décembre. « J’envoie des lettres recommandées, mais on me dit qu’elles ne sont pas reçues ou que ce n’est pas la bonne adresse. On me renvoie la balle. »
Aujourd’hui, le restaurateur de Trélazé est accompagné par une avocate. « Elle m’a dit que ce n’était pas normal et qu’il existait de la jurisprudence sur ce type de situation. »
« On ne devrait jamais arriver à de tels montants »
Si l’opérateur n’est pas encore officiellement informé de la procédure, le professionnel se prépare à aller plus loin. « Dans le pire des cas, mon avocate est prête à aller au contentieux. Elle a tous les éléments. »
Au-delà de son cas personnel, il souhaite alerter. « J’ai vu des articles parlant de factures à 30 000 euros. Mais 85 000 euros, c’est impensable. On ne devrait jamais pouvoir en arriver là. »
Un témoignage local qui pose à nouveau la question des forfaits professionnels à l’étranger et de la protection des consommateurs, y compris pour les entrepreneurs du Maine-et-Loire.