Grand Ouest
Démantèlement d’un vaste réseau de trafic de stupéfiants : le Maine-et-Loire au cœur d’une opération nationale
Une enquête judiciaire de grande ampleur menée par la gendarmerie nationale a permis de démanteler un réseau structuré de trafic de stupéfiants opérant à l’échelle nationale. Le Maine-et-Loire s’est révélé être un maillon central de ce dispositif criminel, tant par son rôle logistique que par l’implication décisive des unités locales.
Une enquête partie de Loire-Atlantique
En juillet 2023, la compagnie de gendarmerie départementale de Rezé et sa Brigade de Recherches initient des investigations ciblant un trafic local de résine de cannabis. Très rapidement, les enquêteurs découvrent une organisation bien plus vaste, structurée et implantée sur une grande partie du territoire français.
« Dès les premières constatations, il est apparu que nous n’étions pas face à un trafic de proximité, mais à une organisation criminelle d’envergure nationale », souligne le procureur du JIRS de Rennes
La JIRS de Rennes saisie du dossier
Au regard de la complexité de l’affaire, le parquet de Nantes se dessaisit le 9 avril 2024 au profit de la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Rennes. Une information judiciaire est alors ouverte pour trafic de stupéfiants avec usage de moyens de cryptologie, association de malfaiteurs et blanchiment des produits du narcotrafic. Les investigations sont confiées à la Section de Recherches de Nantes. « Le recours à des moyens de communication cryptés et l’importance des flux financiers justifiaient pleinement la saisine de la JIRS », précise Fréderic Teillet
Premières interpellations en région parisienne
Après plusieurs mois d’enquête, une première opération judiciaire est menée le 16 décembre 2025 en région parisienne. Elle conduit à l’interpellation de quatre individus, parmi lesquels le chef présumé du réseau et trois de ses principaux lieutenants.
« Cette première phase a permis de désorganiser la tête du réseau et d’identifier précisément ses relais territoriaux », indique le magistrat.
Le Maine-et-Loire au cœur de la logistique du réseau
Le 3 février 2026, une seconde vague d’interpellations est déclenchée en Loire-Atlantique et surtout en Maine-et-Loire. Neuf personnes soupçonnées d’assurer le transport et le stockage des produits stupéfiants sont placées en garde à vue, confirmant le rôle stratégique du département dans l’acheminement des produits illicites vers le grand Ouest.
« Le Maine-et-Loire constituait un point nodal du dispositif logistique du réseau, notamment pour le stockage et la redistribution des stupéfiants », souligne le procureur.
Une mobilisation interrégionale des forces de gendarmerie
Cette enquête complexe a mobilisé pendant plusieurs mois les groupements de gendarmerie départementale de la Loire-Atlantique, du Maine-et-Loire et de la Vendée, ainsi que le Groupe interministériel de recherches (GIR) de Nantes. Les investigations ont également convergé avec celles menées par les Sections de Recherches de Caen et d’Angers. « La coordination exemplaire entre les différentes unités, et en particulier l’engagement des enquêteurs du Maine-et-Loire, a permis un démantèlement en profondeur du réseau », insiste le procureur.
Des saisies massives d’armes, de stupéfiants et d’avoirs criminels
Les perquisitions réalisées ont confirmé l’ampleur du trafic. Les enquêteurs ont saisi 1,8 kg de résine de cannabis, 300 g de cocaïne et 150 cachets d’ecstasy, ainsi qu’un important arsenal : quatre pistolets automatiques de calibre 9 mm, un fusil à pompe, un fusil de chasse et un taser.
À ces éléments s’ajoutent 30 000 euros en numéraire et 400 cartouches de cigarettes, d’une valeur estimée à 52 000 euros, faisant l’objet d’une procédure distincte. Les avoirs criminels saisis sont évalués à environ 1,4 million d’euros.
« Ces saisies illustrent à la fois la dangerosité du réseau et l’importance de ses profits illicites », souligne le procureur.
Un dispositif judiciaire et sécuritaire exceptionnel
Les opérations d’interpellation ont nécessité l’engagement de près de 180 militaires de la gendarmerie nationale, dont des unités du GIGN. Au total, neuf personnes ont été mises en examen : cinq ont été placées en détention provisoire, pour la plupart en état de récidive légale, et quatre sous contrôle judiciaire.
« Cette opération démontre la détermination de l’autorité judiciaire et des forces de sécurité à lutter contre les trafics de stupéfiants qui impactent directement nos territoires, notamment en Maine-et-Loire », conclut le procureur.