Maine-et-Loire
La mortalité par suicide recule nettement mais reste préoccupante dans les Pays de la Loire
Le nombre de drames humains liés au suicide connaît une baisse encourageante de 20 % en une décennie au sein de la région. Toutefois, selon les dernières données publiées par l’observatoire régional de la santé et relayées par le Maine Libre, on dénombre encore 642 décès annuels en moyenne sur la période 2021-2023, avec des disparités départementales particulièrement marquées.
Une tendance régionale à la baisse malgré des points noirs
La dynamique globale observée sur les dix dernières années montre une amélioration de la situation sanitaire avec une diminution d’un cinquième des actes fatals. Pourtant, cette tendance positive ne masque pas des réalités locales plus sombres. Quatre départements de la région affichent des taux de mortalité bien plus élevés que la moyenne nationale. La Vendée enregistre notamment un excédent de 36 %, suivie de près par la Mayenne et le Maine-et-Loire. Ces chiffres soulignent une fragilité persistante dans certains territoires ruraux ou périurbains où l’accès aux soins de support reste un enjeu majeur pour les autorités de santé.
La Sarthe et le profil des victimes sous surveillance
Le département sarthois n’échappe pas à ce constat avec une moyenne de 114 décès recensés chaque année sur la période étudiée. Les statistiques révèlent que le taux de mortalité y dépasse de 47 % la moyenne observée dans l’Hexagone, plaçant le territoire dans une situation d’alerte. Sur l’ensemble des Pays de la Loire, le profil des victimes reste majoritairement masculin puisque les hommes représentent 75 % des décès. Cette prédominance masculine dans les passages à l’acte réussis contraste avec les données sur les tentatives, qui touchent d’autres catégories de la population de manière plus intense.
Les jeunes femmes particulièrement exposées aux tentatives
Au-delà des décès, l’étude de l’observatoire met en lumière la souffrance psychologique qui frappe les jeunes générations, et plus spécifiquement les femmes de 18 à 29 ans. Pour cette tranche d’âge, le taux de personnes ayant déjà tenté de mettre fin à leurs jours atteint 12 %, soit le double de la moyenne observée chez l’ensemble des adultes ligériens. Ce décalage entre les tentatives déclarées et les décès effectifs montre l’importance des dispositifs de prévention et d’écoute. En 2024, environ 6 % de la population totale des Pays de la Loire confiait avoir déjà basculé dans un geste désespéré au cours de sa vie.