Citoyenneté

Budget 2026 : Au Département, Dabin affiche la rigueur, Blanc réclame la révolution territoriale

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Credit AM- Florence Dabin, Présidente du Département de Maine-et-Loire.

Lors de la séance d’orientations budgétaires de ce matin, la majorité départementale et l’opposition ont croisé le fer autour d’un même constat : les finances resteront contraintes. Mais derrière ce diagnostic partagé, deux lignes se dessinent. D’un côté, Florence Dabin assume une gestion « lucide » et « pragmatique » ; de l’autre, le sénateur Grégory Blanc appelle à « aller plus loin dans la territorialisation ».

Une « éclaircie » budgétaire… sous pression durable

« Le débat d’orientations budgétaires est toujours un moment structurant », a posé Florence Dabin en ouverture. « Un moment de lucidité (…) de responsabilité (…) et un moment politique. »

Si 2026 s’ouvre dans un contexte de « finances départementales durablement contraintes » et de « pression sociale toujours forte », la présidente veut voir émerger « des signaux positifs ».

Elle évoque d’abord l’éligibilité possible du Maine-et-Loire au fonds de sauvegarde : « Cette reconnaissance n’est pas une bonne nouvelle en soi (…) nous plaçant structurellement parmi les Départements les moins riches de ce pays. » Mais elle y voit « un appui et une respiration », fruit d’un « travail collectif exigeant ».

Une respiration qui ne saurait masquer les incertitudes nationales, rétorque Grégory Blanc. « Ce compromis nécessaire ne fait en réalité que gagner ou perdre du temps d’ici 2027 », a-t-il estimé à propos du budget de l’État. « Dès le lendemain de l’élection présidentielle, des décisions budgétaires difficiles s’imposeront (…) Comment imaginer que les collectivités ne seront pas mises sous pression ? Elles le seront durablement. »

Même prudence autour des droits de mutation. Florence Dabin note que « le premier mois de l’année laisse apparaître une évolution plus favorable », tout en rappelant que le marché immobilier ne permet pas de « projections à long terme ». Pour l’opposition, la question n’est pas seulement celle des recettes, mais de l’organisation : « L’efficience sera la clé », insiste Grégory Blanc.

18 millions d’euros d’économies et une méthode revendiquée

La majorité met en avant 18 millions d’euros d’économies de fonctionnement. « Des économies construites intelligemment, sans renoncer à nos priorités », assure la présidente, évoquant « efficacité, mutualisation, rationalisation ».

Des « missions flash » ont été lancées sous l’autorité du nouveau directeur général des services, Wilfried Verna. Objectif : agir « vite et juste » sur des dossiers sensibles, comme l’attractivité des assistants familiaux ou la lutte contre la fraude au RSA.

« La solidarité doit rester un droit pour ceux qui en ont besoin, et elle suppose aussi équité, responsabilité et confiance dans l’action publique », affirme Florence Dabin.

Sur ce point, l’opposition ne conteste pas l’exigence de rigueur, mais déplace le débat. « Comment être plus efficient dans une période où l’argent public va rester rare ? » interroge Grégory Blanc, qui plaide pour « rapprocher les décisions des territoires » et « mieux responsabiliser chacun », notamment à l’heure de l’intégration de l’intelligence artificielle dans l’action publique.

Anjou 2030 : investir, mais où et comment ?

La présidente réaffirme le cap d’Anjou 2030 : solidarités, autonomie, protection de l’enfance, insertion, logement. Et des investissements maintenus, à commencer par la pose de la première pierre du collège de Beaupréau en septembre 2026. « Un acte fort, symbolique et concret », souligne-t-elle.

Mobilités, transition écologique, ingénierie territoriale : « investir dans l’avenir » reste l’un des quatre piliers affichés.

Mais pour Grégory Blanc, la question n’est pas seulement d’investir, elle est de savoir où. « Agir uniformément à Angers comme à Noyant-Villages, à Cholet comme à Saumur est une erreur », tranche-t-il. « Il faut assumer de donner plus au Saumurois, au Segréen et aux quartiers prioritaires. »

Il rappelle le désaccord de son groupe sur la suppression des crédits dédiés à la politique de la ville lors du précédent budget et insiste : « Territorialiser, c’est accepter un fonctionnement moins administratif » et « prendre des décisions avec les habitants ».

Florence Dabin, sans reprendre le terme, met en avant l’équilibre entre « ruralité et centralités urbaines » et la solidité des satellites départementaux – Alter, Anjou Numérique, Meldomys – présentés comme « un levier puissant d’efficacité, d’innovation et de résilience ».

Culture, agriculture et santé : des priorités scrutées

L’année 2026 sera « l’année de la Culture en Anjou », promet la présidente, avec une ambition forte sur la lecture publique, les festivals et le patrimoine. Elle insiste aussi sur le soutien au monde agricole, à quelques jours du Salon de l’agriculture, dans un contexte d’influenza aviaire et de tensions sur les prix : « Réaffirmer notre soutien pour celles et ceux qui façonnent nos territoires. »

Sur le terrain des politiques publiques, l’opposition veut ouvrir un autre chantier : la décentralisation. « Nous vous demandons la banalisation d’une demi-journée. Un séminaire pour clarifier notre vision », lance Grégory Blanc. Il réclame aussi des forums de discussion dans chaque intercommunalité après les municipales, avec un thème prioritaire : la santé.

« Le Département est un acteur : EHPAD, pôles gérontologiques, médecins de PMI, co-financement de maisons médicales… » rappelle-t-il, appelant à adapter les réponses selon les réalités locales. « On ne répond pas à une problématique de dépôts sauvages d’ordures ménagères en milieu urbain comme en milieu rural. »

Un débat aussi politique

La séance n’a pas échappé à une dimension plus politique. Évoquant la candidature de Florence Dabin à Angers, Grégory Blanc a glissé que « les politiques de cette maison seront dorénavant aussi scrutées avec cet œil-là », soulignant l’enjeu des solidarités territoriales.

En conclusion, la présidente a fixé son cap : « Préserver l’essentiel, investir dans l’avenir, accompagner les plus fragiles, transformer notre action publique avec exigence et pragmatisme. »

Face à elle, l’opposition prévient : « L’heure est venue d’aller plus loin dans la territorialisation de nos politiques (…) démontrer qu’il est possible d’aller plus loin pour être plus efficient. »

Rigueur assumée d’un côté, différenciation territoriale revendiquée de l’autre : le budget 2026 s’annonce comme un exercice d’équilibre, sous haute surveillance politique et financière.

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