Environnement
Vigilance rouge crues : Angers face à une montée des eaux qui pourrait marquer le siècle
La décision est tombée ce lundi à 16 heures. Le département de Maine-et-Loire passe en vigilance rouge crues. Une situation rare qui place désormais le territoire parmi les plus exposés du pays.
« Nous sommes le troisième département de France à passer au niveau rouge », indique le préfet François Pesneau, lors d’un point presse en préfecture.
Une montée progressive… mais potentiellement majeure
Depuis plusieurs jours, les niveaux montent régulièrement. Rien de spectaculaire à l’heure actuelle, mais une mécanique hydrologique bien connue est à l’œuvre : la Sarthe et la Mayenne arrivent déjà fortement chargées dans la Maine, au cœur d’Angers.
Les prévisions donnent désormais une échéance précise.
Dans la nuit de mardi à mercredi, la station du centre-ville pourrait atteindre environ 6,10 mètres. « Si les prévisions se confirment, c’est une des cinq plus grandes crues du siècle », prévient le préfet.
La Sarthe devrait pour sa part atteindre 6,27 m le mercredi matin. Et surtout, aucune décrue n’est garantie ensuite. « On ne peut pas vous dire qu’après le 18 février ça va redescendre. Ça peut continuer à monter. »
Loire, Maine, Sarthe : tout converge
Le phénomène concerne l’ensemble du bassin angevin. Aux Ponts-de-Cé, la Loire dépassera le seuil d’inondation significative avec environ 5,34 m attendus.
À Saumur, un plateau autour de 5,12 m est annoncé.
La situation pourrait être aggravée par les marées importantes attendues en aval, ralentissant l’évacuation du fleuve. « Quand les coefficients sont élevés, la Loire s’évacue plus difficilement vers la mer », rappelle le préfet.
Anticiper avant la nuit critique
Le passage en rouge vise avant tout à provoquer une réaction rapide de la population « C’est un passage par anticipation pour que les habitants prennent conscience de la nécessité d’évacuer. »
Certaines zones pourraient se retrouver sous plus de deux mètres d’eau. Les habitants sont invités à consulter les cartes de prévision pour connaître leur exposition.
Dans plusieurs secteurs isolés, notamment à Saint-Jean-de-la-Croix, la situation devient délicate : une route inondée d’un côté, une digue fragilisée de l’autre. « J’invite les habitants à monter sur les points hauts et dormir à l’étage. »
Routes fermées et renforts mobilisés
Pour éviter de fragiliser les digues, les voies sur berges seront fermées dès ce soir.
Des renforts zonaux de sapeurs-pompiers, des moyens de pompage et de sauvetage aquatique ont été demandés, ainsi que l’appui d’associations de sécurité civile.
« Entre hier et aujourd’hui, la montée de l’eau est visible à l’œil nu », constate le préfet.
L’incertitude reste totale
Un message d’alerte a déjà été diffusé ce week-end et d’autres pourraient suivre, avec prudence.
Mais la grande inconnue demeure mercredi : décrue… ou aggravation.
« La seule information que j’aimerais avoir aujourd’hui, c’est de savoir si mercredi ça commence à redescendre », conclut le représentant de l’État.
En attendant, la nuit de mardi à mercredi s’annonce comme le moment clé.
Et pour la première fois depuis longtemps, la crue pourrait devenir une référence historique locale.