
Le front uni des élus de l’Orne et de la Manche s’intensifie pour sauver une infrastructure jugée vitale. Selon une information rapportée par le Journal de l’Orne ce mardi 17 février 2026, le « Comité de l’axe sud » a officiellement interpellé Hervé Morin, président de la Région Normandie, afin d’obtenir le classement de la section Dreux-Granville en réseau d’intérêt national. Cette démarche collective, portée par une vingtaine de maires et présidents d’intercommunalités, vise à solliciter un entretien au printemps prochain pour présenter un dossier de régénération chiffré à 800 millions d’euros.
Un poumon économique et industriel pour les territoires ruraux
Loin d’être une simple voie secondaire, la ligne Paris-Granville constitue la colonne vertébrale de plusieurs bassins d’emplois majeurs, traversant trois « Territoires d’industrie ». De L’Aigle à Vire, en passant par Argentan et Flers, le rail est le garant du maintien des sièges sociaux en zone rurale. Les élus soulignent que la fiabilité du transport ferroviaire est une condition absolue au développement industriel. Les chiffres de fréquentation soutiennent cette thèse : entre 2018 et 2023, le nombre de passagers a explosé, affichant des hausses spectaculaires de 128 % à Surdon et de 83 % à Granville.
Le rail au service d’un tourisme durable et connecté
Au-delà de l’industrie, l’enjeu est également touristique pour cet axe qui dessert des sites mondiaux cumulant 8,7 millions de visiteurs annuels, du Mont-Saint-Michel à la Suisse normande. Le comité insiste sur la complémentarité de la ligne avec les grands itinéraires cyclables comme la Véloscénie et la Vélofrancette. Un investissement national permettrait d’adapter les rames et les gares à ces nouveaux usages, favorisant un report modal massif de la voiture vers le train. Cette modernisation s’inscrit directement dans la stratégie de transition écologique prônée par la Région et l’État.
Un dossier de poids pour convaincre l’État au printemps 2026
La stratégie des élus repose sur une analyse technique rigoureuse menée avec l’appui de l’agence d’urbanisme de Caen (Aucame). Le groupe de travail finalise actuellement un dossier prouvant que la ligne répond aux cinq critères du classement national, notamment le désenclavement et la résilience du réseau. L’objectif est de fournir à Hervé Morin des arguments irréfutables pour négocier un cofinancement avec l’État. En centralisant ces données fiables, les élus espèrent garantir la pérennité de cette liaison indispensable qui relie le cœur de l’Île-de-France au littoral normand.