Crues: près d’Angers, un “marathon” qui va encore durer

Des rues et des parkings ont disparu sous la Loire, tandis que le fleuve vient lécher des façades. Aux Ponts-de-Cé, près d’Angers, les eaux montent depuis une semaine et si un plateau se...

(Photo by Lionel BONAVENTURE / AFP)

Des rues et des parkings ont disparu sous la Loire, tandis que le fleuve vient lécher des façades. Aux Ponts-de-Cé, près d’Angers, les eaux montent depuis une semaine et si un plateau se dessine, la décrue n’est pas encore en ligne de mire.

Un balai à la main, Christine Pilette tente d’écoper la large flaque qui s’est formée devant la porte de son garage. Chez ses voisins, 15 cm d’eau recouvrent le carrelage du salon.

“Il y a toujours eu des crues ici, donc les rues ont été réhaussées. Certaines maisons, plus basses, sont plus vite inondées. Mais une montée pareille, cela fait bien longtemps qu’on n’avait pas vu ça”, dit à l’AFP la retraitée de 65 ans, habitante de la commune depuis 1987.

Dans sa rue, des sacs de sable font office de barrage devant certaines portes d’entrée.

Un peu plus loin, Frédéric Doucet, toujours au sec, a rehaussé ses meubles et installé des parpaings à la place du paillasson. “L’eau n’est pas arrivée jusqu’ici mais c’est vrai qu’on est inquiets, on n’a jamais vécu ça”, raconte cet habitant de 50 ans, qui habite la commune depuis sept ans.

La Loire y a atteint le niveau de la crue historique de janvier 1994, soit 5,32 m, selon le site Vigicrues.

“Il y a le phénomène lui-même et aussi sa longueur: on est sur un plateau pour le moment mais la décrue n’est pas pour tout de suite”, a prévenu le maire Jean-Paul Pavillon, qui a accueilli jeudi dans sa commune la ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation, Françoise Gatel.

Situation de crise

La ministre a de son côté assuré aux habitants qu’une “armée de professionnels et de bénévoles” était “mobilisée pour gérer et anticiper” cette “situation de crise”.

Selon les prévisions de Vigicrues les plus lointaines, le niveau d’eau sera toujours le même dans la nuit de vendredi à samedi.

Le long d’une petite place engloutie par la Loire, la ville a installé des batardeaux anti-inondation entre les eaux et les habitations.

“On a prévenu l’ensemble de nos personnels qu’on est sur un marathon. On attend encore la phase de décrue, et derrière il y aura beaucoup d’opérations de pompage. On s’attend à avoir plusieurs jours, voire plusieurs semaines, d’actions à mener”, a prévenu le lieutenant-colonel Cyrille Thomy, chef de site pour les pompiers.

A cinq kilomètres de là, c’est la Maine qui a débordé à Angers. Jeudi matin, dans le bas de la ville, des agents installaient des planches sur des piles de parpaings pour permettre le passage des riverains.

Collectif

Bottes en plastique aux pieds, chaussures de ville à la main, Mathilde Batardière surveille la péniche qui héberge son bar à vin, fermé depuis près d’une semaine en raison de la crue. La passerelle d’accès est à moitié immergée.

“Je n’ai jamais vu les eaux si hautes. On surveille chaque jour la situation, pour vérifier entre autres que les amarres tiennent”, raconte la jeune femme de 34 ans, habitante du quartier, où des caves et des portions de rues ont été inondées.

Selon le maire de la ville, Christophe Béchu, “on n’anticipe pas d’amélioration au moins avant le début de la semaine prochaine”.

Deux gymnases ont été ouverts pour pouvoir accueillir des évacués. Les équipes d’Enedis doivent “procéder à des coupures d’armoires électriques, dans certains endroits où elles vont être gagnées par l’eau”, a-t-il dit jeudi matin.

Aux Ponts-de-Cé, Christine Pilette a formé avec une quinzaine de riverains un collectif d’entraide pour écoper l’eau des séjours, installer des sacs de sable devant les portes ou stocker quelques meubles.

Comme la Gironde, le Lot-et-Garonne, et la Charente-Maritime, le Maine-et-Loire est toujours en vigilance rouge. Selon le ministre délégué chargé de la Transition écologique, “l’épisode est loin d’être terminé”.

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