
Mardi 17, à 16 heures, les portes des Halles Biltoki d’Angers se sont refermées.
Dans Angers, une idée s’est rapidement répandue : les commerçants auraient choisi de fermer par précaution face à la montée de la Maine.
Les professionnels concernés contestent fermement cette version. « Aucun commerçant n’a souhaité fermer. Nous avons été contraints », expliquent-ils collectivement.
Ils disent aujourd’hui vouloir « rétablir la vérité » face à ce qu’ils considèrent comme une incompréhension publique : « que les commerçants auraient fermé par excès de prudence, par confort, voire par désinvolture. C’est factuellement faux. »
Une fermeture décidée sans concertation
Selon eux, la décision a été prise unilatéralement par le bailleur Biltoki. « Mardi à 16h, alors que la Maine était encore loin de tout seuil d’inondation des Halles, le bailleur décide de fermer le site. »
Dans la foulée, « les accès sont verrouillés, empêchant les commerçants d’entrer librement dans leurs propres locaux ».
Très vite, l’électricité est coupée. « L’électricité est coupée, obligeant certains à jeter ou déplacer en urgence des marchandises sous froid, avec des pertes immédiates pour ceux qui n’avaient aucune solution de repli. »
Les commerçants décrivent ensuite un accès très restreint au bâtiment : « L’accès ultérieur aux Halles se fait uniquement en présence d’un représentant de Biltoki. »
Pour eux, le problème ne réside pas dans la prévention, mais dans la méthode. « Fermer si l’eau arrive effectivement aux portes aurait été compréhensible. Fermer aussi tôt, sans concertation, ne l’était pas. »
Un risque contesté par les données publiques
La fermeture est justifiée par un risque de montée des eaux à 5,90 m. Or, les professionnels s’appuient sur les données officielles de Vigicrues.
« Les Halles ne sont pas exposées à un risque d’inondation avant 6,10 m, et un risque réel n’apparaît qu’aux alentours de 6,50 m. »
Ils résument : « Autrement dit, il restait encore 30 à 40 cm avant que l’eau puisse atteindre le bâtiment, dans le cadre d’une montée lente et progressive, observée par des centaines d’Angevins présents autour des Halles et des quais. »
Ils insistent également sur l’absence de danger immédiat : « Il n’y avait aucun danger immédiat pour les clients, aucun arrêté de péril, aucun sinistre. »
Des pertes immédiates, peu de recours
Depuis la fermeture, les conséquences économiques sont directes. « Aujourd’hui, ce sont les commerçants qui paient : pertes de marchandises, pertes d’exploitation, plusieurs jours de chiffre d’affaires perdus sans raison objectivement justifiée. »
La question des assurances inquiète particulièrement : « quasi aucune chance de prise en charge par les assurances, pas de sinistre, pas d’arrêté, et une carence de trois jours minimum ».
À cela s’ajoute l’impact sur leur réputation locale. « Nous ne sommes pas responsables de cette fermeture. Nous en sommes les victimes économiques directes, alors même que notre image est écornée auprès du public. »
« Nous voulons rétablir la vérité »
Aujourd’hui, les commerçants tiennent à le redire clairement : « Nous ne sommes pas responsables de cette fermeture. »
Leur démarche se veut avant tout explicative auprès des habitants : « Nous souhaitons aujourd’hui rétablir la vérité. »
Pour eux, la situation dépasse l’épisode de crue. Elle concerne désormais la confiance avec leur clientèle, et la perception d’un arrêt d’activité qu’ils assurent ne jamais avoir choisi.