
Le tribunal de La Roche-sur-Yon examinait ce jeudi 5 mars le cas d’une conductrice de 82 ans impliquée dans un impressionnant accident à Rives-du-Fougeray. Selon les éléments de l’enquête rapportés par le Journal du Pays Yonnais, la retraitée aurait forcé le passage face à un poids lourd avant de quitter les lieux, laissant derrière elle un chauffeur blessé et un camion couché.
Un accident spectaculaire et un chauffeur blessé
Les faits remontent au 13 janvier 2025 sur une route de la commune de Rives-du-Fougeray. Ce jour-là, les gendarmes découvrent une scène de chaos : un camion est immobilisé dans le fossé, sa cabine encastrée contre un arbre. Le conducteur, grièvement touché à la tête, a dû subir la pose de 18 points de suture. Pour éviter une collision frontale avec une voiture arrivant en sens inverse, le routier n’avait eu d’autre choix que de se déporter brutalement sur le bas-côté. L’automobiliste en cause, elle, ne s’est jamais arrêtée pour porter secours ou établir un constat.
La traque du rétroviseur perdu
L’enquête a pu rebondir grâce à un indice de taille abandonné sur le bitume : le rétroviseur de la voiture de la fuyarde. Les militaires de la gendarmerie ont mené un travail de fourmi en contactant une vingtaine de garages dans toute la région. Cette persévérance a payé lorsqu’un mécanicien a confirmé avoir reçu, dès le lendemain du sinistre, la visite d’une cliente de 82 ans pressée de faire réparer son véhicule. Des témoignages locaux ont par ailleurs décrit une conductrice habituée à forcer le passage sur la route, imposant sa priorité aux autres usagers.
Le permis de conduire en question
À l’audience, l’avocat de la partie civile a souligné les conséquences dramatiques pour le chauffeur, licencié depuis pour inaptitude suite à ses blessures. De son côté, la défense a plaidé le doute, affirmant qu’aucun élément ne prouvait formellement quelle voiture avait empiété sur la voie de l’autre. Face à ce qu’elle qualifie de délit de fuite, la procureure de la République a requis une amende de 500 euros et une suspension de permis de huit mois, s’interrogeant ouvertement sur la capacité de la prévenue à tenir un volant. Le tribunal a mis son jugement en délibéré au 2 avril prochain.