
L’avenir immédiat du nouveau réacteur nucléaire normand suscite des interrogations au sommet de l’État. Selon les informations publiées par la Presse de la Manche ce mardi 10 mars 2026, l’Inspection générale pour la sûreté nucléaire (IGSNR) a émis de sérieuses réserves sur la capacité d’EDF à tenir les délais de la première visite complète de l’installation, un chantier colossal prévu pour durer près d’un an.
Un marathon technique sous haute surveillance
La “Visite Complète n°1” (VC1) de l’EPR, dont le coup d’envoi est programmé pour le 26 septembre prochain, s’annonce comme un défi industriel hors norme. Durant les 350 jours prévus pour cet arrêt, pas moins de 20 000 activités techniques devront être menées de front. Parmi les opérations les plus délicates figurent le remplacement du combustible, l’inspection robotisée de la cuve et, surtout, le changement du couvercle de cette dernière, une exigence de longue date de l’autorité de sûreté. Pour orchestrer cette manœuvre, environ 2 500 travailleurs seront mobilisés sur le site de la Manche.
Des doutes sur la faisabilité du planning
Dans un rapport de plus de cent pages, l’inspecteur général Jean Casabianca pointe plusieurs zones d’ombre qui pourraient faire dérailler ce calendrier millimétré. L’organisme de surveillance souligne notamment des incohérences administratives et des retards dans la maintenance préventive actuelle, qui pourraient s’ajouter à la charge de travail déjà colossale de la visite de contrôle. Le rapport s’inquiète également d’un manque d’expérience local pour gérer de front la finalisation du démarrage du réacteur et la préparation complexe de cet arrêt de tranche historique.
La direction affiche sa confiance malgré les alertes
Face à ces conclusions, Sébastien Miossec, le directeur du réacteur n°3 de Flamanville, maintient un discours résolument optimiste. Il assure que les recommandations de l’IGSNR sont prises en compte et que le site bénéficie d’un renfort massif d’experts venus du parc nucléaire français. Pour pallier le manque d’expérience des équipes locales sur ce type d’opération, des formations intensives ont été mises en place. La direction affirme que la phase de démarrage sera totalement finalisée d’ici la fin du mois d’avril, permettant ainsi de concentrer toutes les ressources sur l’arrêt de septembre.