Triple meurtre à Angers: la personnalité de l’accusé examinée par la cour

Crédit AM. Le services d’identification criminel sur l’esplanade Coeur de Maine

Le procès d’un ex-réfugié politique soudanais, accusé d’un triple meurtre commis en juillet 2022 à Angers, a débuté vendredi devant la cour d’assises du Maine-et-Loire, et s’est principalement concentré sur la trajectoire et la personnalité de l’accusé.

Décrit comme sérieux dans le cadre de son travail d’intérimaire mais violent sous l’emprise de l’alcool, Al Khawad Al Zine Sulaymane, cheveux ras et visage fermé, a gardé une attitude très fermée tout au long de la journée, les bras croisés.

Assisté d’un interprète, il comparaît jusqu’au 20 mars pour avoir tué à l’arme blanche trois hommes âgés de 16, 18 et 20 ans avec lesquels il avait eu une altercation quelques instants plus tôt.

Dans la nuit du 15 au 16 juillet 2022, sur une place animée d’Angers, cet homme fortement alcoolisé importune des passants et commence à agresser sexuellement des jeunes filles, leur touchant les fesses.

Plusieurs garçons prennent la défense des filles et une bagarre éclate, suscitant l’intervention de pompiers et policiers, sans interpellation.

Après le départ des secours, l’homme quitte les lieux en voiture et, environ une heure plus tard, revient avec un couteau de 20 cm dissimulé.

Il tue alors trois jeunes hommes qui avaient été mêlés plus tôt à l’altercation et en blesse trois, selon l’accusation.

“Je sais que j’ai un problème d’alcool mais je n’arrive pas à me soigner”, a admis l’accusé.

Se sont succédé vendredi à la barre une enquêtrice de personnalité, des travailleuses sociales ayant accompagné l’accusé, deux anciens employeurs, son ex-compagne et un compatriote avec qui il a fui la Libye, une des étapes de leur parcours migratoire chaotique.

Ce dernier a affirmé que l’accusé lui avait raconté avoir appartenu à un service de sécurité et de renseignement au Soudan, une information démentie dans la foulée par M. Al Zine Sulaymane, visiblement très agacé.

Un premier procès avait eu lieu en octobre mais avait été renvoyé: le président de la cour avait fait parvenir aux parties un document faisant mention par erreur d’une condamnation à perpétuité de l’accusé, à la veille du verdict.

Les parties civiles – plus de 70 personnes – sont plus nombreuses cette fois-ci.

M. Al Zine Sulaymane, qui a deux mentions à son casier judiciaire pour conduite et violence en état d’ivresse, encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Les problèmes d’alcool, de possibles antécédents psychiatriques au Soudan et son parcours migratoire chaotique et parfois flou ont également été au centre des débats.

La présidente a pointé du doigt de nombreuses incohérences, voire des contradictions, dans les réponses de l’accusé, entre celles apportées au juge d’instruction, auprès de l’enquêtrice sociale et vendredi devant la cour.

La peine retenue pourra dépendre de la prise en compte par les jurés de l’expertise psychiatrique de M. Al Zine Sulaymane, 36 ans, qui fait état d’une altération du discernement le soir du triple homicide, liée à la consommation d’alcool et à un état de stress post-traumatique.

Le statut de réfugié, que l’accusé avait obtenu en avril 2018 avec une carte de séjour valable dix ans, lui a été retiré sept mois après les faits.

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