68 % des habitants de Normandie ont déjà renoncé à se soigner

L’accès aux soins en Normandie atteint un seuil critique. Selon un sondage Ipsos réalisé pour la Fédération hospitalière de France (FHF) et dévoilé ce mardi 17 mars 2026, la région détient...

18/03/2026
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Plus de deux tiers des normands ont déjà fait le choix de ne pas se rendre chez le médecin alors qu’il leur était nécessaire de le faire / DR

L’accès aux soins en Normandie atteint un seuil critique. Selon un sondage Ipsos réalisé pour la Fédération hospitalière de France (FHF) et dévoilé ce mardi 17 mars 2026, la région détient désormais de tristes records nationaux en matière de délais d’attente. Face à la pénurie de spécialistes, plus de deux tiers des Normands ont été contraints d’abandonner au moins un acte médical au cours des cinq dernières années.

La Normandie, championne de France des délais d’attente
Le constat dressé par l’étude est sans appel : la Normandie arrive en tête du classement national pour l’attente chez les spécialistes les plus sollicités. Il faut désormais patienter en moyenne 24 semaines, soit près de six mois, pour obtenir un rendez-vous chez un dermatologue. La situation n’est guère meilleure en cardiologie avec un délai de 18 semaines. Ces chiffres, bien au-dessus de la moyenne française, témoignent d’une dégradation fulgurante : à titre de comparaison, le temps d’attente national pour un cardiologue a presque triplé depuis 2019. Pour un généraliste, le délai moyen est passé de quatre à douze jours dans la région.

Un renoncement aux soins massif et inquiétant
Cette difficulté d’accès a des conséquences concrètes sur la santé des administrés. En Normandie, 68 % de la population déclare avoir renoncé à une consultation, à des examens ou à l’achat de médicaments. Si les délais trop longs sont la cause principale, l’accessibilité géographique et les contraintes budgétaires pèsent également lourd dans la balance. Plus alarmant encore, le climat de tension dans les hôpitaux publics engendre une véritable anxiété : 65 % des Normands avouent avoir “peur” d’être hospitalisés, craignant une prise en charge dégradée dans des établissements à bout de souffle.

Des services d’urgences utilisés par défaut
Faute de pouvoir consulter un médecin de ville dans un délai raisonnable, les patients se tournent massivement vers les structures hospitalières. Près d’un habitant sur deux (48 %) avoue s’être déjà rendu aux urgences pour une pathologie ne relevant pas d’une urgence vitale. Cette situation sature des services déjà fragilisés par des déficits abyssaux, qui atteignaient 2,5 milliards d’euros pour les hôpitaux publics fin 2025. À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, la FHF appelle les futurs candidats à faire de la santé une priorité absolue, dénonçant une déconnexion entre les politiques publiques et la réalité quotidienne du terrain.

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