
L’affaire débute le 3 décembre 2025 à Argentan, dans l’Orne, lorsqu’un habitant reçoit un SMS signalant une fraude bancaire imminente, prétendument envoyé par Boursorama. Mais le destinataire n’est autre qu’un major de gendarmerie, qui identifie rapidement la tentative d’escroquerie.
Selon Actu.fr, plutôt que de raccrocher, le militaire décide de jouer le jeu afin de piéger les auteurs.
Un faux scénario de sécurité bancaire
Au téléphone, un individu se faisant passer pour un agent bancaire demande le code confidentiel et invite la victime à découper sa carte avant de la remettre à un prétendu coursier.
Le gendarme accepte le principe du rendez-vous, tout en organisant en parallèle un dispositif d’interpellation avec ses collègues.
Une arrestation en flagrant délit
Aux alentours de 21 heures, une voiture se présente sur les lieux convenus. L’un des passagers, vêtu d’une chasuble jaune pour simuler un rôle de livreur, descend du véhicule.
Les forces de l’ordre interviennent immédiatement et interpellent les deux occupants. Originaires de Rouen, les suspects sont trouvés en possession de 350 euros chacun ainsi que d’une bombe lacrymogène dissimulée dans le véhicule.
Un système organisé via les réseaux sociaux
Placés en garde à vue, les deux jeunes hommes expliquent avoir été recrutés sur Snapchat au sein de groupes appelés « RC », pour « Récupération de Cartes ».
Ils indiquent percevoir environ 250 euros par mission et reconnaissent avoir déjà participé à plusieurs opérations similaires, générant près de 2 000 euros de gains.
Un jugement rendu au tribunal
Lors de l’audience du 17 mars 2026, le procureur estime que les faits sont « pleinement caractérisés », malgré l’échec de l’escroquerie grâce à l’intervention des forces de l’ordre.
La défense évoque pour sa part le rôle secondaire des prévenus, qualifiés de « des pions dans un système ».
Le tribunal condamne les deux jeunes hommes à effectuer un stage de citoyenneté à leurs frais dans un délai de six mois, sous peine d’une amende de 1 000 euros. Les sommes saisies sont confisquées, et l’un des deux prévenus se voit interdire de porter une arme pendant deux ans.