
Installée depuis près de deux siècles à Saint-Sulpice-sur-Risle, près de L’Aigle (Orne), Bohin France, dernière manufacture d’aiguilles à coudre du pays, fait face à un contexte économique difficile. Spécialisée dans les produits de couture haut de gamme, l’entreprise a été directement impactée par la hausse des droits de douane imposés par l’administration américaine.
“Il faut nous adapter au contexte politique et économique”, explique son dirigeant Fabien Régnier.
Une chute marquée du chiffre d’affaires
Selon France Bleu, les États-Unis constituent le deuxième marché de Bohin. Mais l’augmentation des taxes a fortement pesé sur l’activité. “Les États-Unis représentent notre deuxième marché et l’an dernier nous avons constaté une baisse de 40% de notre chiffre d’affaires.”
L’accumulation des droits de douane a entraîné une forte hausse des prix des produits français. “La petite subtilité, qui est peu évoquée, c’est que les droits s’additionnent entre eux. Et les montants n’ont pas arrêté de changer selon les matériaux et les pays de fabrication. On est même montés jusqu’à 120% sur certains produits quand il y avait de l’acier et du magnétisme, parce qu’on avait un droit spécifique sur l’acier et un droit spécifique sur tout ce qui est alimenté. Donc, ça faisait un coût énorme à la fin”, détaille Fabien Régnier.
Une implantation en Ohio pour limiter l’impact
Pour faire face à cette situation, Bohin prévoit d’ouvrir une succursale dans l’État de l’Ohio. Cette stratégie vise à atténuer le poids des taxes et à retrouver une compétitivité sur le marché américain.
“On ne contourne pas complètement les droits de douane, on est encore fortement exposés, mais c’était la meilleure solution ou le bon compromis pour finalement pouvoir reproposer des produits à un tarif raisonnable.”
Une production maintenue en France
Malgré cette expansion à l’international, la fabrication restera entièrement réalisée dans l’usine historique de Saint-Sulpice-sur-Risle. La future antenne américaine aura une activité limitée, centrée sur la logistique et le commercial, avec une équipe réduite à une ou deux personnes.
Cette organisation doit permettre à l’entreprise de maintenir son savoir-faire tout en s’adaptant aux contraintes du marché international.