À Angers, “Artpothicaire” ouvre ses portes : une boutique test pour faire éclore les artistes locaux

Sur la place Sainte-Croix, un nouveau lieu s’apprête à attirer les regards. Baptisé Artpothicaire, ce magasin pas tout à fait comme les autres ouvrira le 25 avril, porté par un collectif d’artistes...

23/03/2026
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Credit CCI49 – Jean-Philippe Martin alias @Akomaux qui est pochoiriste, Charlotte bedanne alias Wisteria qui est photographe Cyanotype, Fast Freak grapheur et Marc Antoine tester alias Moutarde qui est sérigrapheur, initiateur du projet Artpothicaire

Sur la place Sainte-Croix, un nouveau lieu s’apprête à attirer les regards. Baptisé Artpothicaire, ce magasin pas tout à fait comme les autres ouvrira le 25 avril, porté par un collectif d’artistes angevins et soutenu par la Chambre de commerce et d’industrie. Une boutique “test”, pensée comme un tremplin pour la création locale.

À l’origine du projet, une idée simple : lever les freins qui empêchent souvent les jeunes concepts de voir le jour en centre-ville. « On est dans une logique d’accompagnement, pour lever les freins au démarrage comme le bail classique ou le coût d’entrée », explique Mathieu Billiard, Président de la CCI de Maine-et-Loire. Le dispositif repose sur un bail de deux ans, avec un loyer progressif et un accompagnement sur mesure, afin de permettre aux porteurs de projets de tester leur activité dans des conditions réelles.

Parmi les six dossiers retenus par le jury, le projet Artpothicaire s’est démarqué par son originalité et sa structuration. « Il y a une vraie profondeur, un projet solide et une dimension locale forte », souligne Philippe Cougé.

Un collectif d’artistes au cœur du projet

Derrière la vitrine, ce sont quatre artistes fondateurs qui portent la dynamique : Jean-Philippe Martin, pochoiriste, Charlotte Bedanne, Fast Freak et Marc-Antoine Testier. Réunis au sein d’un groupement d’intérêt économique (GIE), ils pilotent la structure tout en fédérant une trentaine de créateurs.

Leur ambition dépasse la simple ouverture d’une boutique. « On veut créer un environnement qui permette aux artistes de grandir, de se structurer et de se faire connaître », explique Jean-Philippe Martin. Le collectif mise sur la solidarité et l’entraide pour sortir de la précarité souvent associée au métier.

Une galerie accessible et vivante

Dans cet espace de près de 90 m², les visiteurs trouveront une grande diversité d’œuvres : du street art à la photographie, en passant par la sérigraphie ou la sculpture. Mais surtout, tous les budgets seront représentés. « L’idée, c’est qu’un enfant puisse entrer avec une pièce et repartir avec une création », résume Marc-Antoine Testier, alias Moutarde.

Au-delà de la vente, Artpothicaire se veut un lieu de vie. Des ateliers – au moins cinq par semaine – seront proposés au public, ainsi que des vernissages mensuels et des événements. « Ce sera une galerie inclusive, où l’on n’a pas peur de franchir la porte », insiste Charlotte Bedanne alias Wisteria

Un modèle économique solidaire

Ici, pas de recherche de profit individuel. Les bénéfices générés seront intégralement réinvestis dans le collectif, pour améliorer les installations et soutenir les artistes. Le fonctionnement repose sur plusieurs formules d’implication, permettant à chacun de contribuer selon ses moyens et son temps.

« Si personne ne le fait, ça ne se fera jamais. Alors on s’y met », résume simplement Fast Freak, évoquant l’énergie collective qui a permis de concrétiser un projet mûri depuis plus de deux ans.

Redynamiser le centre-ville

Au-delà de l’initiative artistique, la boutique s’inscrit dans une stratégie plus large de dynamisation du cœur de ville. « L’idée, c’est de créer de l’attractivité et de générer du flux », rappelle Mathieu Billiard. Entre ateliers, événements et ouverture lors des temps forts comme les brocantes, le lieu entend devenir un nouveau point d’ancrage culturel.

Avec Artpothicaire, Angers expérimente ainsi une nouvelle façon de soutenir la création et l’entrepreneuriat. Une boutique éphémère, certes, mais avec l’ambition de laisser une empreinte durable dans le paysage local.

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