Pays de la Loire : plus de 2 600 entrepreneurs ont perdu leur emploi en 2025, un niveau toujours alarmant

La décrue se fait attendre. En Pays de la Loire, 2 639 chefs d’entreprise ont perdu leur activité en 2025, selon l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs publié ce lundi par l’association GSC et...

23/03/2026
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Reuters

La décrue se fait attendre. En Pays de la Loire, 2 639 chefs d’entreprise ont perdu leur activité en 2025, selon l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs publié ce lundi par l’association GSC et le cabinet Altares. Derrière ce chiffre, une réalité quotidienne : plus de sept dirigeants basculent chaque jour hors de l’emploi.

Si la hausse se poursuit (+2,8 % sur un an), elle ralentit nettement après trois années de forte dégradation. Mais le niveau reste historiquement élevé. Pour la deuxième année consécutive, la région dépasse le seuil des 2 500 pertes d’activité.

« Cette apparente stabilisation ne doit en aucun cas nous rassurer : nous restons à un niveau inédit de pertes d’emploi entrepreneurial », alerte Hervé Kermarrec, président de la GSC. « Les dirigeants naviguent à vue, dans un climat d’incertitude qui freine l’investissement et fragilise jusqu’aux entreprises les plus solides. »

Une région à plusieurs vitesses

Tous les territoires ne sont pas logés à la même enseigne. La Loire-Atlantique concentre à elle seule près de la moitié des situations, avec 1 152 chefs d’entreprise touchés, en hausse de 9,3 %. Même tendance en Vendée (464 cas, +9,7 %).

À l’inverse, trois départements enregistrent un recul. La Mayenne affiche la baisse la plus marquée (-12,2 %), devant la Sarthe (-7,7 %) et le Maine-et-Loire (-3,4 %), où 538 dirigeants ont tout de même cessé leur activité.

Construction et commerce toujours en première ligne

Dans le détail, les fragilités structurelles persistent. Le secteur de la construction concentre à lui seul près d’un quart des pertes d’emploi (24,7 %), confirmant des difficultés installées depuis plusieurs années. Le commerce reste également sous pression, avec 571 entrepreneurs concernés.

Autre secteur en tension : l’hébergement et la restauration. Plus de 400 dirigeants y ont perdu leur activité en 2025, dont une large majorité de restaurateurs. Une tendance à la hausse (+6,8 %) qui témoigne de marges toujours fragiles.

À l’inverse, certaines activités résistent mieux. L’agriculture enregistre un net recul des pertes (-29,2 %), tout comme le transport et la logistique (-18,8 %). L’industrie, souvent redoutée, se stabilise légèrement (-2,6 %).

Les très petites entreprises en première ligne

Ce sont surtout les plus petites structures qui paient le prix fort. Près de 70 % des entrepreneurs touchés dirigeaient une entreprise de moins de trois salariés. Un tissu économique particulièrement vulnérable face aux impayés, aux variations d’activité ou aux hausses de charges.

« Un choc financier, professionnel et familial dont on ne ressort pas indemne », souligne Thierry Millon, directeur des études chez Altares. « Aider les entrepreneurs à rebondir, c’est aussi renforcer la vitalité économique des territoires. »

L’âge médian des dirigeants concernés progresse légèrement, atteignant 46,1 ans.

Un climat qui reste incertain

En toile de fond, l’étude pointe un environnement économique toujours dégradé : croissance faible, tensions internationales et instabilité politique. Autant de facteurs qui entretiennent l’incertitude et freinent les perspectives de reprise.

« Les priorités demeurent claires : surveiller étroitement leur trésorerie, maîtriser leurs risques et ne pas rester seuls face aux difficultés », insiste Hervé Kermarrec.

Alors que les premiers indicateurs de 2026 restent contrastés, l’année s’annonce décisive pour un tissu entrepreneurial encore fragilisé.

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