Charente-Maritime : un million d’euros détournés via une escroquerie à « MaPrimeRénov’ »

26/03/2026
0
Une arnaque a été démantelé en Charente Maritime / DR

C’est un coup de filet majeur pour la gendarmerie de la Charente-Maritime. Le parquet de Saintes a révélé ce jeudi 26 mars 2026 le démantèlement d’un réseau spécialisé dans l’escroquerie à la rénovation énergétique. En l’espace de quelques mois, un trio de suspects aurait détourné près d’un million d’euros, faisant une cinquantaine de victimes parmi les particuliers et les artisans du département.

Le point de départ : une usurpation d’identité
L’affaire débute en décembre 2024 à Montendre. Un artisan local, surpris d’être contacté par un client pour des travaux qu’il n’a jamais réalisés, dépose plainte pour usurpation d’identité. Parallèlement, le client en question signale avoir été floué par l’intermédiaire d’une mystérieuse « société de conseil » en ingénierie technique et énergétique.

L’enquête, confiée à la Gendarmerie nationale, a permis de remonter jusqu’à trois individus :

Une femme de 38 ans, gérante de la société de conseil (secteur de Rochefort) ;

Un homme de 41 ans (secteur de Royan) ;

Un homme de 38 ans (secteur de Gémozac).

Une mécanique de fraude bien huilée
Le mode opératoire était particulièrement cynique. Se prévalant du titre officiel d’Accompagnateur Rénov’, la responsable de la société proposait à des particuliers des projets de rénovation clés en main, financés par l’Anah (Agence nationale de l’habitat).

Cependant, au lieu de financer des travaux réels, les fonds étaient détournés. Le réseau usurpait l’identité d’artisans certifiés RGE (Reconnus Garants de l’Environnement) pour valider les dossiers auprès des organismes d’État, encaissant ainsi les primes sans que les chantiers ne soient terminés, ou parfois même commencés.

Un procès attendu en avril à Saintes
Le préjudice total est aujourd’hui estimé à un million d’euros. Bien qu’ils nient les faits, les trois suspects ont été placés sous contrôle judiciaire en attendant leur jugement. Ils devront répondre des chefs d’escroquerie en bande organisée et de blanchiment en bande organisée devant le tribunal correctionnel de Saintes le 24 avril 2026.

Une cinquantaine de victimes, réparties sur tout le département (Rochefort, Royan, Saintes, Montendre), se sont déjà constituées parties civiles. Ce dossier remet en lumière les failles des dispositifs d’aide à la rénovation, régulièrement ciblés par des réseaux criminels organisés.

Quitter la version mobile