CHU d’Angers : une expertise indépendante met en lumière de graves dysfonctionnements dans les services numériques

26/03/2026
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Après deux ans d’alertes, de tensions et de demandes répétées, une expertise indépendante confirme une souffrance importante au travail au sein des services numériques du CHU d’Angers. Des dysfonctionnements organisationnels et managériaux sont pointés, tandis que la direction promet désormais des mesures correctives.

Une alerte lancée dès 2024

L’alerte remonte à janvier 2024. À cette date, le syndicat FO du CHU d’Angers déclenche une procédure de « danger grave et imminent » auprès de la F3SCT, l’instance chargée des conditions de travail dans la fonction publique hospitalière.

Les premières remontées font état d’une souffrance au travail jugée « importante », avec des conséquences directes sur la santé des agents. Depuis, au moins quatre professionnels ont été reconnus en accident de travail ou en maladie professionnelle, en lien avec leurs conditions d’exercice.

Une expertise longtemps refusée

Dès mars 2024, les représentants du personnel réclament une expertise indépendante pour objectiver la situation. Malgré un vote unanime en ce sens, la direction oppose un refus.

Quelques mois plus tard, en juillet 2024, l’inspection du travail confirme pourtant plusieurs manquements en matière de prévention des risques psychosociaux. Une enquête interne menée à l’automne, sous l’égide de la médecine du travail, va dans le même sens, pointant une dégradation notable des conditions de travail.

Un plan d’action est bien lancé début 2025, mais il ne parvient pas à enrayer les difficultés. « Organisation délétère », « problèmes de management » : les témoignages d’agents restent préoccupants.

Deux ans pour obtenir une expertise

Face à l’absence d’amélioration, FO renouvelle sa demande en mai 2025. La F3SCT vote à nouveau à l’unanimité pour une expertise externe. Cette fois, la direction finit par s’y résoudre, mais le processus ne démarre qu’en janvier 2026, soit près de deux ans après la première alerte.

Le cabinet Technologia est missionné pour mener cette analyse indépendante.

Des dysfonctionnements confirmés

Les conclusions de l’expertise, présentées le 19 mars lors d’une réunion extraordinaire, confirment les inquiétudes initiales. Plusieurs défaillances majeures sont identifiées : surcharge de travail, organisation inadaptée, communication insuffisante et pratiques managériales problématiques.

Le rapport met également en évidence les répercussions concrètes sur les agents, en termes de santé et de conditions de travail.

Une « première victoire » pour le syndicat

Pour FO, la reconnaissance officielle de ces difficultés marque une étape importante. Le syndicat estime que la direction a longtemps minimisé la situation.

Désormais, celle-ci s’est engagée à élaborer un nouveau plan d’action, intégrant les recommandations formulées par les experts. Un chantier attendu de près par les représentants du personnel.

« Nous prendrons toute notre place pour que plus aucun collègue ne soit en situation de souffrance à cause de son travail », prévient le syndicat.

Des attentes fortes sur les suites

Si le diagnostic est désormais posé, la question de sa traduction concrète reste entière. Les agents, eux, attendent des changements rapides et durables dans leur quotidien professionnel.

Dans un contexte hospitalier déjà sous tension, ce dossier illustre une nouvelle fois les enjeux cruciaux liés à l’organisation du travail et à la prévention des risques psychosociaux.

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