Protection de l’Enfance. À Avrillé, le malaise grandit au Village Saint-Exupéry

30/03/2026
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Village Saint Exupéry – Crédit Bertrand Bechard

À quelques kilomètres d’Angers, le ton monte au Village Saint-Exupéry d’Avrillé. Dans cet établissement relevant du Département de Maine-et-Loire, les personnels ont décidé de cesser le travail à compter du jeudi 2 avril. Une mobilisation qui s’annonce suivie, sur fond de tensions persistantes autour des conditions de travail et du manque de moyens humains.

Un dispositif adolescents sous tension

Au cœur de la contestation, le dispositif dédié aux adolescents. Deux unités, Phoenix et l’Envol, ouvertes respectivement fin 2022 et début 2024, cristallisent les inquiétudes.

Dans leur communiqué, les professionnels rappellent une alerte ancienne et répétée : « Les professionnel-les du dispositif ados, Phoenix et Envol, interpellent la direction depuis la création de ces 2 unités […] sur leur incapacité à remplir leurs missions du fait de l’insuffisance de moyens humains. » Une situation qui, sur le terrain, se traduit par une prise en charge rendue plus difficile et un sentiment d’impuissance grandissant parmi les équipes.

Des alertes restées sans réponse

Les agents décrivent une accumulation de démarches restées lettre morte, malgré la diversité des moyens employés pour se faire entendre. « Après avoir alerté, sous différentes formes (évènements indésirables, droit d’alerte, droit de retrait, courriers à la direction, DUERP….), encore et encore, les professionnels vivent difficilement et douloureusement l’absence de réponse ou l’incohérence des réponses. »

Ils illustrent cette incompréhension par des décisions jugées décalées, notamment lorsque « les professionnels ne cessent de nommer ce qui se passe… et d’en faire l’analyse », tout en voyant la situation confiée à un regard extérieur, vécu comme une remise en question de leur expertise.

La grève comme “seule option”

Face à ce qu’ils qualifient de blocage, les professionnels ont décidé de franchir une nouvelle étape. « Face à cette surdité […] les professionnels de Phoenix et de l’Envol ont décidé […] qu’un mouvement de grève devenait la seule option aujourd’hui pour faire valoir leur revendication. »

Soutenue par les syndicats SUD Santé Sociaux et Force Ouvrière, la mobilisation s’articule autour de revendications précises, avec la demande de création d’un poste éducatif à temps plein dans chaque unité ainsi qu’un renforcement du temps infirmier, jugé indispensable pour assurer un accompagnement adapté des adolescents accueillis.

Un malaise plus large dans l’établissement

Au-delà du seul dispositif adolescents, le communiqué met en lumière un climat social dégradé à l’échelle de toute la structure. Les personnels dénoncent « l’absence de communication (pas de réunion institutionnelle …) de la direction envers le personnel », mais aussi « les discours contradictoires liés au mode de communication à l’intérieur du CODIR », qui alimentent un sentiment de désorganisation.

Le malaise est accentué par « le silence face aux demandes des représentants du personnel (sur l’organigramme, sur la mobilité) », tandis que certaines décisions sont perçues comme éloignées des réalités du terrain, avec « des réorganisations de service déconnectées des positions des professionnels de terrain ».

Un mouvement qui concerne tout le personnel

Si la mobilisation trouve son origine dans les difficultés rencontrées au sein des unités Phoenix et l’Envol, elle dépasse désormais ce cadre. « Le mouvement de grève concerne donc l’ensemble du personnel », concluent les signataires.

À quelques jours du début du mouvement, la direction n’a pas encore pris la parole publiquement.

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