
Ce samedi 11 avril 2026, plus de 300 personnes se sont rassemblées aux Alleuds, près d’Angers, pour dénoncer un projet de réserve d’eau jugé démesuré par ses opposants. Entre visions divergentes de l’agriculture et débats autour de la gestion de l’eau, la mobilisation a mis en lumière un profond clivage dans le monde agricole.
Une manifestation symbolique au cœur du Maine-et-Loire
La mobilisation organisée ce samedi matin aux Alleuds, près de Brissac, dans le Maine-et-Loire, par la Confédération paysanne 49, se voulait hautement symbolique. Au centre de la contestation : un projet de grande réserve d’eau destiné à l’irrigation agricole, qualifié de « mégabassine » par ses opposants.
D’un côté, certains agriculteurs – maraîchers, semenciers ou céréaliers – défendent la création de cette infrastructure afin de sécuriser l’irrigation des cultures, notamment pendant les périodes de sécheresse estivale. De l’autre, des exploitants et militants dénoncent un modèle qu’ils jugent productiviste et néfaste pour les écosystèmes.
Deux visions de l’agriculture qui s’affrontent
Pour les opposants, cette réserve d’eau symbolise une orientation agricole qui privilégierait la production intensive au détriment de la préservation des ressources naturelles. Ils estiment que ce type d’infrastructure risque d’aggraver les tensions autour de l’eau et de fragiliser les milieux naturels.
Cette opposition s’exprime jusque dans les mots employés : quand certains parlent de « réserve d’eau », d’autres préfèrent le terme de « mégabassine », en référence au projet controversé de Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres.
« Une hérésie » pour les manifestants
Environ 300 personnes ont répondu présent à l’appel. Camille, naturaliste, explique soutenir la Confédération paysanne car « ce syndicat défend une agriculture plus respectueuse de la nature et moins consommatrice d’eau ». Selon lui, cette mobilisation doit permettre « que l’ensemble du territoire prenne conscience du projet et que les agriculteurs qui veulent cette mégabassine se rendent compte que c’est une hérésie ».
Même constat pour Michelle, venue participer au rassemblement, qui appelle à repenser la gestion de la ressource en eau : elle souhaite que l’agriculture « réfléchisse autrement à la répartition de l’eau ».