
Le nombre d’enfants par femme continue de diminuer drastiquement sur le territoire normand. Selon une récente analyse démographique de l’Insee relayée par La Presse de la Manche, la fécondité a atteint un niveau particulièrement bas dans la Manche au cours de l’année 2025, accentuant ainsi le vieillissement global de la population locale malgré l’arrivée de nouveaux habitants.
Un effondrement continu du nombre de naissances
Les statistiques témoignent d’une véritable rupture démographique sur les deux dernières décennies. L’indicateur conjoncturel de fécondité a lourdement chuté pour s’établir à un peu plus d’un virgule cinq enfant par femme dans le département manchois, bien loin du seuil de deux enfants nécessaire au renouvellement des générations. Ce recul s’inscrit dans une tendance régionale plus large, la Normandie accusant une baisse globale de près de trente pour cent de ses naissances en l’espace de vingt ans, un phénomène accentué par des maternités qui interviennent de plus en plus tardivement.
De nouveaux arrivants pour maintenir les effectifs
Face à ce manque de naissances, les décès surpassent désormais largement les arrivées à la maternité à l’échelle régionale. Le département manchois enregistre d’ailleurs un déficit naturel constant depuis plus d’une dizaine d’années. Pourtant, le nombre d’habitants parvient à se maintenir juste en dessous de la barre du demi-million de résidents. Cette résistance démographique s’explique exclusivement par un solde migratoire positif, le territoire réussissant à attirer chaque année davantage de nouvelles personnes qu’il n’enregistre de départs.
Le vieillissement accéléré de la société normande
Cette double dynamique modifie en profondeur la physionomie de la population locale. La diminution constante du nombre de jeunes de moins de vingt ans s’entrechoque avec l’allongement de l’espérance de vie et l’avancée en âge de la nombreuse génération issue du baby-boom. Conséquence directe de ce croisement de courbes, la part des seniors augmente de façon significative dans la région. Aujourd’hui, près d’un quart de la population normande est âgée de soixante-cinq ans ou plus, confirmant une mutation sociétale de grande ampleur.