Un rhinocéros noir attendu au Bioparc : un espoir de reproduction pour une espèce en danger critique

16/04/2026
0
Jumaane rejoindra les deux femelles rhinocéros noirs du Bioparc Tisa et Kinna – crédit Bioparc de Doué-la-Fontaine

Au cœur des falaises de tuffeau de Doué-la-Fontaine, le Bioparc de Doué-la-Fontaine s’apprête à vivre un moment fort de son engagement pour la biodiversité. Mercredi 22 avril, le parc accueillera Jumaane, un jeune rhinocéros noir mâle en provenance du Zoo de Chester, près de Liverpool. Un événement discret pour le grand public, mais crucial pour la survie d’une espèce classée en danger critique d’extinction.

Un nouvel espoir pour la reproduction

Âgé de bientôt huit ans et pesant plus d’une tonne, Jumaane rejoint la Vallée des Rhinocéros, un espace de deux hectares entièrement réaménagé en début d’année. Il y fera la connaissance de deux femelles, Tisa et sa fille Kinna, avec lesquelles les équipes espèrent initier un programme de reproduction.

Ce transfert s’inscrit dans un dispositif coordonné à l’échelle européenne par l’Association européenne des zoos et aquariums. L’objectif est clair : maintenir une population captive viable, à la fois sur le plan génétique et démographique, pour soutenir une espèce dont les effectifs restent extrêmement fragiles. « L’enjeu sera désormais de favoriser la reproduction de cette espèce au cœur du parc », souligne François Gay, directeur du Bioparc.

Un voyage hors normes sous haute surveillance

Avant de fouler le sol saumurois, Jumaane devra parcourir plusieurs centaines de kilomètres. Son périple débutera au petit matin en Angleterre pour une expédition de deux jours, incluant une traversée de la Manche en ferry. L’animal voyagera dans une caisse spécialement conçue pour son gabarit, sous la supervision d’équipes spécialisées dans le transport d’animaux sauvages.

À son arrivée, une phase d’isolement sera mise en place durant un à deux jours afin de vérifier son état de santé et faciliter son adaptation. La rencontre avec les deux femelles se fera progressivement, sous l’œil attentif des soigneurs.

Une espèce toujours menacée

Le rhinocéros noir, inscrit sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature, ne compte aujourd’hui qu’environ 6 800 individus à l’état sauvage. Victime du braconnage pour sa corne et de la destruction de son habitat, l’animal reste l’un des symboles les plus frappants de l’érosion de la biodiversité.

Si ses effectifs ont connu une légère hausse ces dernières années – environ +5 % depuis 2023 – la situation demeure précaire. Cette progression repose en grande partie sur le renforcement des mesures anti-braconnage et sur la mobilisation internationale.

Un engagement concret sur le terrain

Au-delà de l’accueil de Jumaane, le Bioparc s’investit activement dans la protection des rhinocéros en milieu naturel. Le parc soutient notamment la Solio Game Reserve, un sanctuaire de 24 300 hectares dédié à la reproduction de l’espèce au Kenya.

En 2025, près de 10 000 euros ont été versés pour améliorer les conditions de travail des rangers, avec notamment la construction d’une cuisine et l’achat d’équipements. Plus largement, le parc revendique un engagement financier inédit en France pour un site de cette taille, avec plus de 622 000 euros consacrés à la conservation l’an dernier, et plus de 5 millions d’euros depuis 2001.

Quitter la version mobile