
À Mérignac, petite commune d’environ 800 habitants située entre Cognac et Angoulême, l’accès aux soins était devenu critique. La maison médicale locale a vu ses quatre médecins annoncer successivement leur départ, entre retraites et déménagements, laissant craindre une absence totale de praticiens pour les habitants du secteur.
Une nouvelle organisation pour maintenir l’accès aux soins
Selon France Bleu, face à cette situation, l’association Médecins solidaires a repris le fonctionnement de la structure. Le principe repose sur une rotation hebdomadaire de médecins venus de toute la France, permettant d’assurer une continuité des consultations.
Environ 2 500 patients sont concernés dans cette zone rurale, dont déjà 600 se sont inscrits dans ce nouveau dispositif.
Des patients rassurés malgré le changement
Pour les habitants, cette organisation représente une solution concrète face à la pénurie. “Moi”, confie Bernadette Lajugie, patiente de la maison médicale de Mérignac, “cela ne me gêne pas qu’il y ait plusieurs médecins, parce que je me retrouvais sans médecin. Donc, c’est déjà très bien ce qu’ils ont fait, parce qu’on s’est trouvés avec je ne sais plus combien de patients, à ne plus avoir de médecins. Après, sur l’ordinateur, ils ont tous nos dossiers.”
Le suivi des patients est en effet assuré grâce à des dossiers médicaux partagés, accessibles aux différents praticiens intervenant sur place.
Un modèle né pendant la crise sanitaire
Le dispositif des Médecins solidaires a émergé durant la période du Covid-19, à l’initiative du docteur Martial Jardel, installé en Haute-Vienne. L’idée consistait à mobiliser des praticiens volontaires pour intervenir en relais dans les territoires les plus en tension.
Aujourd’hui, une douzaine de structures fonctionnent sur ce modèle en France, dont celle de Mérignac.
Une évolution du métier de médecin de campagne
Ce mode d’exercice interroge sur l’évolution de la profession médicale en zone rurale. “Je ne sais pas si c’est un modèle qui ne peut plus exister”, explique Quentin Adenis, coordinateur national de “Médecins solidaires”, “mais c’est peut-être un modèle qui ne répond plus aux attentes des professionnels médicaux aujourd’hui de travailler en volumes d’heures très importants, seuls, de manière isolée, et avec toute cette responsabilité qui pèse sur une seule personne.”