
Quatre mois de prison avec sursis ont été requis mercredi devant le tribunal correctionnel d’Angers contre Jean-Eudes Gannat, élu municipal issu de l’ultradroite identitaire, pour une vidéo dans laquelle il s’en prenait à cinq Afghans qualifiés de “cousins des Talibans” et accusés de “traîner” devant un supermarché.
Ces cinq hommes, qui ont précisément fui leur pays à cause des Talibans et résident en France depuis cinq ans, où ils travaillent, avaient porté plainte après la diffusion en novembre 2025 de cette vidéo sur les réseaux sociaux.
Jean-Eudes Gannat est le co-fondateur du groupuscule d’ultradroite l’Alvarium, dissous en 2021 par le gouvernement car il alimentait “un discours de haine assumée” et incitait “à la discrimination ou à la violence envers des personnes en raison de leur origine ou de leur religion”.
Jean-Eudes Gannat, qui a été élu en mars au conseil municipal de Segré-en-Anjou Bleu (Maine-et-Loire), devait répondre devant le tribunal correctionnel de “provocation à la haine et injure publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion”.
Déplorant à la barre les “ravages de l’immigration”, il a reconnu et assumé les propos tenu dans sa vidéo: “Ce n’est pas délirant de dire qu’ils sont cousins des Talibans dans un pays où le taux de consanguinité est de 46%”, a-t-il affirmé.
“On veut me museler, me faire passer pour un monstre”, s’est-il plaint, se disant victime d’un “acharnement” alors que selon lui ses propos s’inscrivent “dans un débat public”.
“Vous n’étiez pas en train de débattre sur un plateau, avec un adversaire politique. Ce n’est pas une exagération d’ordre général. C’est un mensonge qui vise cinq personnes, c’est une infraction”, lui a rétorqué le procureur de la République d’Angers, Eric Bouillard, qui a demandé une amende 1.000 euros en plus des quatre mois de prison avec sursis.
“Ses propos n’ont rien de modéré. Ils vont au-delà de ce qui est admis par la liberté d’expression. Ils ont tout de l’injure raciste”, a plaidé l’avocat des cinq plaignants et de la Ligue des droits de l’homme, Me Jean de Bary.
Le tribunal rendra sa décision le 10 juin.