À Angers, l’abbaye du Ronceray renaît enfin et s’ouvre au public

13/05/2026
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Crédit Fondation du Patrimoine

Longtemps fermée et presque invisible aux yeux des Angevins, l’abbaye du Ronceray s’apprête à écrire un nouveau chapitre de son histoire millénaire. Après plusieurs années d’études et douze mois de travaux, ce joyau roman du quartier de la Doutre a été officiellement inauguré ce mercredi après-midi avant son ouverture progressive au public.

Fondée en 1028 par Hildegarde, comtesse d’Anjou, l’abbaye du Ronceray est la seule abbaye de femmes d’Angers. Classée monument historique depuis 1840, elle a traversé les siècles, les révolutions et les transformations urbaines avant de sombrer peu à peu dans l’oubli. Depuis plusieurs années, seuls quelques événements artistiques exceptionnels y étaient organisés.

Aujourd’hui, la Ville d’Angers veut redonner vie à ce monument emblématique. « Un trésor longtemps invisible se réveille ».

Un chantier de 1,4 million d’euros

Le projet de restauration a nécessité trois années d’études préalables avant le lancement des travaux en 2025. Au total, 1,4 million d’euros TTC ont été investis pour restaurer près de 300 m² du site.

Les interventions ont concerné l’église abbatiale, la cour occidentale ainsi que les portails ouest et sud. L’objectif : rendre le monument accessible, visible et accueillant pour le grand public.

L’entrée principale des visiteurs a été repensée depuis la place de la Laiterie, ancienne entrée historique de l’abbaye. Un sas vitré permettra désormais de maintenir les portes ouvertes sur la ville afin « d’inviter les visiteurs à découvrir le monument et ses événements ».

Une rampe accessible aux personnes à mobilité réduite, des sanitaires, une billetterie, une mise aux normes électriques et de nouveaux éclairages ont également été installés dans la nef.

Un chef-d’œuvre roman à redécouvrir

Le Ronceray est considéré comme une œuvre majeure de l’art roman angevin. Sa grande nef impressionne encore aujourd’hui par ses dimensions : une voûte en berceau de 14 mètres de haut et 7 mètres de large, parmi les plus importantes de son époque.

Le monument conserve aussi de remarquables peintures murales datant de 1248 ainsi qu’une grande diversité de chapiteaux sculptés du XIIe siècle, notamment une représentation de la tentation d’Adam et Ève.

Pour accompagner les visiteurs, un parcours d’interprétation sera installé dans le bas-côté de l’église. Documents, objets et maquettes raconteront l’histoire du site et son évolution au fil des siècles.

Concerts, expositions et visites dès le 19 mai

Au-delà de sa restauration, la Ville veut faire du Ronceray un espace culturel à part entière. Des visites seront proposées au grand public à partir du 19 mai afin de permettre aux Angevins et aux visiteurs de redécouvrir ce monument longtemps fermé.

L’église abbatiale pourra accueillir jusqu’à 226 personnes assises et plus de 650 debout pour des événements musicaux. Les premiers rendez-vous culturels sont déjà annoncés avec le festival Pianopolis, qui investira les lieux les 16 et 17 mai prochains pour plusieurs concerts.

L’art contemporain trouvera également sa place dans la nef avec une exposition de l’artiste Claude Viallat programmée fin juin 2026. Figure internationale du mouvement Support-Surface, l’artiste exposera ses grands formats en dialogue avec les décors géométriques de l’abbatiale.

Des visites guidées et des événements patrimoniaux seront ensuite organisés tout au long de l’année, avec un temps fort attendu lors des Journées européennes du patrimoine en septembre.

En attendant le millénaire de 2028

Avant son ouverture officielle, des visites en avant-première ont été organisées ces dernières semaines. Une exposition intitulée « L’abbaye du Ronceray, mémoire de femmes, mémoire de pierres » est également visible au RU – Repaire Urbain jusqu’au 20 septembre.

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