
Le tribunal correctionnel de Nantes a condamné ce jeudi 7 mai 2026 un homme de 44 ans pour avoir volé il y a dix ans près de 58.000 € à des clients de la Caisse d’Épargne à Nantes (Loire-Atlantique), Angers et Cholet (Maine-et-Loire).
Le 10 août 2016, les enquêteurs de la brigade financière de Nantes avaient en effet été informés par le service des fraude de la Caisse d’Épargne Bretagne Pays de la Loire que des vols de cartes bancaires et de chéquiers étaient commis “avant la distribution aux clients”. Les “courriers” contenant les supports de paiement et “le code” des cartes bancaires étaient interceptés “au moment de la livraison”, avait détaillé la banque.
Un mois plus tard, les fonctionnaires du commissariat de police de Cholet avaient été avisés qu’une Renault Clio avait été achetée “grâce à des chèques volés pour 14.650 €” par un certain “José Gonzales” qui avait “présenté un faux permis” au vendeur, a déroulé la présidente du tribunal correctionnel de Nantes à la lecture des pièces du dossier.
Retrouvé, le véhicule avait été perquisitionné et avait révélé l’ADN de Mohamed XXX sur “33 traces capillaires”. Or la Peugeot 206 de sa conjointe avait été géolocalisée “à proximité immédiate” de distributeurs automatiques de billets (DAB) ou de “logements de victimes”, avaient remarqué les enquêteurs. L’exploitation des images de vidéosurveillance de ces DAB et de commerces où les cartes volées avaient été utilisées avait toutes “montré le même individu”.
IL AVAIT ÉTÉ “EMPLOYÉ PAR UN SOUS-TRAITANT” DE LA BANQUE
Entre le 1ᵉʳ mars et le 11 novembre 2016, 92 cartes bancaires et 18 chéquiers avaient ainsi été dérobés. Une partie avait servi à l’achat de “produits informatiques” et 21.000 € en “tickets restos” avaient été subtilisés par le prévenu.
Placé en garde-à-vue, Mohamed XXX avait reconnu avoir commencé ses vols en mars 2016 en raison de “difficultés financières” et “dettes”. Le “joueur de casino en ligne” avait en fait été employé pendant deux semaines par un “sous-traitant [de la banque, ndlr] qui livrait les cartes et les chéquiers” et en avait “profité pour faire un double du pass”.
La perquisition de son domicile avait permis aux enquêteurs de saisir quatre carnets de “chèques Cad’hoc”, un ordinateur et des “clés USB” qui permettaient “l’ouverture des coffres de la Caisse d’Épargne”. Son “iPhone” avait aussi révélé un “listing avec les identifiants et les mots de passe de clients” et des “photos de chéquiers de victimes”.
Dans ce dossier “qui a perdu en intérêt de par le temps écoulé” mais dans lequel “il y a préméditation”, le procureur de la République avait requis douze mois de prison ferme, autant avec sursis et une interdiction définitive de transport de fonds avait aussi été requise. Mohamed XXX – qui n’était ni présent ni représenté par un avocat à l’audience – a finalement écopé de deux ans de prison avec sursis. “Le tribunal a tenu compte de l’ancienneté des faits et du fait qu’il n’a pas recommencé”, a expliqué la présidente./KL et GF