
Le tribunal administratif de Nantes a débouté l’ancien pompier “volcanique” qui avait “mis en ébullition” le centre d’incendie et de secours de Saint-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire) lors d’un premier passage et qui s’était vu refuser en 2022 le “renouvellement” de son “engagement” de sapeur-pompier volontaire (SPV).
Après “quinze ans passés à Ingrandes-sur-Loire” et donc quatre à Saint-Florent-le-Vieil entre 2016 et 2020, Mr XXX s’était en effet vu opposer par son ancienne hiérarchie le 8 mars 2022 ses “difficultés relationnelles” et son “comportement déplacé à l’égard des femmes”. Il avait été décrit comme “sanguin” et “imprévisible”.
La rapporteuse publique – dont les avis sont souvent suivis par les juges – avait pour sa part fait observer lors de l’audience le 6 février 2026 que son “attitude équivoque” à l’égard des femmes n’était en réalité “pas établie” par les pièces du dossier. En revanche, le requérant “dit lui-même qu’il a un caractère volcanique” et qu’il a fait l’objet de “menaces de mort d’un autre pompier”. “Il met en ébullition le centre”, avait donc reformulé la magistrate en d’autres termes. “Son retour aurait nui à la sérénité retrouvée depuis son départ.”
“Mr. XXX a été affecté au centre de secours de Saint-Florent-le-Vieil à compter du mois d’août 2016 jusqu’au 18 décembre 2020, période pendant laquelle il a fait l’objet de plusieurs avis négatifs de sa hiérarchie”, commence donc par recontextualiser le tribunal administratif de Nantes dans un jugement du 13 mars 2026 qui vient d’être rendu public.
UNE “MENACE DE SUICIDE” DEVANT LE MEDECIN DU SDIS
Le Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) de Maine-et-Loire avait d’ailleurs “produit” au cours de la procédure un “avis défavorable” du chef de centre pour “l’attribution de la médaille d’honneur des sapeurs-pompiers” à Mr XXX : il était “décrit comme manquant d’honnêteté et perturbateur”. “Ce dernier est à l’origine de plusieurs craintes d’agents souhaitant désormais quitter le centre de secours”, avait-il aussi été noté dans un compte-rendu d’entretien réalisé avec Pascal XXX en juin 2018.
“Ce compte-rendu relève également une véritable incertitude quant à sa bonne réintégration ainsi que des risques d’isolement et de conflit physique avec des agents”, souligne le tribunal administratif de Nantes. “De plus, M. XXX a simulé une menace de suicide auprès du médecins du SDIS, (…) fait qu’il a reconnu et imputé à son caractère impulsif”.
“Le SDIS produit encore un courrier du 28 janvier 2019 adressé au colonel du centre de secours de Saint-Florent-le-Vieil, signé de manière anonyme par “l’encadrement” en raison d’un risque de représailles de M. XXX”, font remarquer les trois juges nantais. Ses auteurs disaient ressentir “un malaise” par rapport à son “comportement inapproprié envers les femmes” : il pouvait tenir des “discussions très personnelles sur sa vie privée” alors qu’il avait pourtant “peu de relations personnelles” avec ses interlocuteurs et interlocutrices.
Sa “présence très imposante en intervention sans respect des grades” et ses “intimidations de jeunes pompiers” avaient également “suscité des demandes de changements d’équipe” et faisait courir “des risques de démission en cas de retour” de l’intéressé. “Quinze lettres de démission” avaient effectivement été rédigées. Or “il n’apparait pas qu’entre la fin de son précédent engagement le 18 décembre 2020 et la décision attaquée [de 2022], le comportement de M. XXX aurait évolué favorablement”, juge le tribunal administratif de Nantes. Son “manque de savoir-être” était dans ces conditions “en contrariété” avec le “caractère irréprochable du comportement attendu” d’un pompier volontaire./GF