À la suite de son assemblée générale annuelle, l’antenne départementale de la Confédération paysanne change de visage. Face aux pressions croissantes de l’agro-industrie, le syndicat fait le choix d’une direction collégiale et réaffirme ses priorités, de la juste répartition de l’eau à la contestation des politiques agricoles actuelles.
Une voix collective pour piloter le syndicat
C’est une restructuration stratégique importante pour le syndicat agricole du Maine-et-Loire. Réuni à Mûrs-Erigné, le mouvement a dévoilé la composition de son nouveau comité départemental, désormais fort de 13 membres. Pour faire face aux attaques répétées visant l’agriculture paysanne, l’organisation a décidé de rompre avec le schéma traditionnel du porte-parole unique au profit d’un porte-parolat entièrement collectif.
La gestion quotidienne de la structure sera assurée par un bureau renouvelé de cinq exploitants locaux : Victor Cossard (maraîcher à Saint-Georges-sur-Layon), Valentin Lemasle (éleveur à Saint-Rémy-en-Mauges), Julia Rault (éleveuse à Notre-Dame-d’Allençon), Benoît Sénéchal (éleveur à Daumeray) et Sabine Vinouze (éleveuse à Valanjou). Cette équipe entend se mettre immédiatement au service des travailleurs de la terre pour défendre un revenu digne et s’émanciper de la tutelle financière des grands groupes industriels.
La bataille pour le partage transparent de l’eau
Au cœur des revendications du syndicat figure la gestion des ressources naturelles, quelques semaines après une manifestation qui a réuni 350 personnes à Brissac. La Confédération paysanne 49 réclame l’instauration d’une véritable démocratie de l’eau, basée sur une concertation transparente.
Si le syndicat soutient sans équivoque l’irrigation pour les productions indispensables à la relocalisation alimentaire, à l’instar du maraîchage, il dénonce fermement l’accaparement des volumes d’eau et des subventions publiques par une minorité d’exploitants au détriment de la majorité des paysans.
Colère face à la Loi d’Urgence Agricole et aux traités de libre-échange
L’inquiétude est également palpable concernant le cap politique national. Le syndicat estime que la récente Loi d’Urgence Agricole ne permet pas aux professionnels de vivre décemment de leur activité. Le comité pointe du doigt une série de reculs environnementaux et économiques majeurs, citant notamment le retour de certains produits phytosanitaires, une gestion sanitaire jugée brutale et la signature de traités commerciaux internationaux de libre-échange. Autant de facteurs qui, selon eux, fragilisent l’économie des fermes tout en aggravant les crises sanitaires et l’effondrement de la biodiversité.
En vue des prochaines échéances électorales, le syndicat réaffirme son rejet des orientations libérales et antisociales. Il rappelle son opposition frontale aux idéologies d’extrême droite, prônant à l’inverse un modèle de société humaniste, solidaire et inclusif pour faire vivre les campagnes de l’Anjou.
