En Maine-et-Loire, l’emploi reste fortement concentré autour d’Angers et des grands pôles économiques

19/05/2026
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Reuters

Dans les Pays de la Loire, les grands centres urbains continuent d’attirer les entreprises et les emplois, davantage encore que les habitants eux-mêmes. C’est l’un des principaux enseignements d’une étude publiée par l’Insee sur la morphologie des territoires et les interactions entre lieux de vie et lieux de travail. Un constat particulièrement visible en Maine-et-Loire, où Angers demeure le cœur économique du département, entouré de pôles secondaires dynamiques comme Cholet ou Segré-en-Anjou Bleu.

Selon l’Insee, les centres urbains ligériens concentrent 45 % des emplois régionaux alors qu’ils n’accueillent que 30 % des actifs résidents. Une différence qui illustre les déplacements quotidiens de nombreux salariés vivant en périphérie ou dans les territoires ruraux, attirés par un foncier plus accessible et un cadre de vie jugé plus favorable.

Angers, locomotive économique du département

En Maine-et-Loire, la concentration de l’emploi est particulièrement marquée. Les dix communes les plus pourvoyeuses d’emplois regroupent plus de la moitié des postes du département. À elle seule, Angers concentre 27 % des emplois départementaux, confirmant son statut de principal pôle économique du territoire.

Autour de la préfecture angevine gravitent des activités particulièrement diversifiées : services aux entreprises, santé, enseignement supérieur, numérique, commerce ou encore industrie. Cette diversité constitue l’une des forces du Maine-et-Loire, souligne l’étude, à l’image de la Loire-Atlantique voisine.

L’Insee rappelle que cette concentration s’explique notamment par les “économies d’agglomération”, c’est-à-dire les avantages liés à la proximité entre entreprises, infrastructures de transport et main-d’œuvre qualifiée. La présence de réseaux routiers, ferroviaires et universitaires favorise ainsi l’implantation des activités économiques dans les grands centres urbains.

Les Mauges et Cholet, second moteur industriel

Mais le dynamisme du Maine-et-Loire ne se limite pas à Angers. Au sud-ouest du département, le bassin des Mauges et de Cholet constitue un second pôle économique majeur. L’étude met en avant “un tissu dense de petites et moyennes entreprises industrielles et artisanales”, historiquement ancré dans le territoire.

Industrie, textile, mécanique, agroalimentaire ou logistique : cette économie locale repose sur un réseau d’entreprises complémentaires qui bénéficient de synergies de proximité. L’Insee nuance toutefois cette concentration de l’emploi, en rappelant que les fusions de communes successives dans ce secteur donnent à certaines collectivités une superficie particulièrement importante.

Segré-en-Anjou Bleu confirme son poids industriel

Plus au nord, Segré-en-Anjou Bleu conserve également une place importante dans l’économie départementale. Le territoire se distingue par un tissu industriel dense, notamment dans les secteurs de la plasturgie, de l’agroalimentaire et de l’électronique.

Cette organisation en plusieurs pôles permet au Maine-et-Loire d’afficher un modèle plus équilibré que d’autres départements fortement polarisés autour d’une seule ville-centre.

Des habitants de plus en plus éloignés de leur lieu de travail

L’étude met également en lumière une autre tendance de fond : les habitants résident de plus en plus souvent hors des grands centres urbains. Dans les Pays de la Loire, 70 % des actifs vivent dans des communes moins denses ou rurales, contre 55 % à l’échelle nationale.

Les bourgs ruraux accueillent ainsi un tiers des actifs ligériens. En parallèle, l’usage massif de l’automobile, le développement des infrastructures de transport et l’essor du télétravail contribuent à accentuer la dissociation entre lieu de résidence et lieu d’emploi.

Cette réalité se traduit quotidiennement par d’importants flux domicile-travail autour des grandes agglomérations, notamment autour d’Angers, où de nombreux salariés résident désormais dans le Baugeois, les Vallées du Haut-Anjou, le Choletais ou le Saumurois.

Une région moins centralisée que le reste de la France

L’Insee souligne enfin que les Pays de la Loire restent moins concentrés que la moyenne nationale. Alors qu’en France métropolitaine les centres urbains regroupent 60 % des emplois, cette part tombe à 45 % dans la région.

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