Le succès fou de la libre-cueillette, entre économies et retour à la terre

19/05/2026
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Face à l’inflation, les initiatives de vente directe et de récolte par les consommateurs font le plein. À Bonne, les Jardins de la Frolle attirent une foule de curieux venus cueillir leurs propres fraises à un tarif défiant toute concurrence. Une formule gagnante qui exige toutefois de se lever tôt.

Économique et conviviale, la formule de la libre-cueillette séduit les consommateurs qui profitent de tarifs réduits de moitié en récoltant directement leurs fruits. Pixabay – Crédit Kathas_Fotos 

La ruée vers l’or rouge dès l’aube

Pour espérer repartir avec un panier bien rempli, mieux vaut oublier les grasses matinées. Trois fois par semaine (les lundis, mercredis et vendredis dès 8h30), les serres de l’exploitation maraîchère de Bonne sont prises d’assaut par les particuliers. Le succès est tel que les stocks de fruits mûrs s’épuisent en seulement quelques heures. En fin de matinée, les retardataires doivent souvent fouiller le fond des structures ou se résoudre à revenir lors de la prochaine session pour laisser le temps aux fruits de mûrir à nouveau.

Au-delà de la démarche ludique, le public plébiscite le confort de l’installation, avec des cultures suspendues à hauteur d’homme qui évitent de devoir se baisser. Les clients apprécient également de pouvoir sélectionner eux-mêmes leurs variétés, notamment les gariguettes recherchées pour la confection de confitures maison, tout en ayant une garantie absolue sur la fraîcheur et la provenance locale.

Un kilo acheté pour le prix d’une barquette

Selon France 3 régions, le principal moteur de cet engouement reste sans conteste l’argument financier. Le calcul est rapidement fait pour les ménages : en effectuant eux-mêmes le travail de récolte, les visiteurs paient leurs fraises quasiment à moitié prix. Le kilo en libre-service est ainsi affiché à 7,75 euros, alors que la simple barquette de 500 grammes déjà cueillie s’élève à 7,25 euros.

Cette décote majeure permet aux familles de s’offrir un produit de qualité supérieure tout en préservant leur pouvoir d’achat, une tendance qui se confirme également dans d’autres exploitations des environs, comme à Neuville-de-Poitou ou aux Roches-Prémarie-Andillé.

Le casse-tête de la météo pour les producteurs

Pour les dirigeants des Jardins de la Frolle, cette forte demande génère toutefois une sacrée pression logistique, car la production reste entièrement tributaire des aléas climatiques. Si un thermomètre printanier printanier autour de 20 °C assure une maturation régulière et abondante, le récent retour de la fraîcheur a bousculé les prévisions.

Avec des températures retombées autour de 12 °C, le rendement quotidien a chuté de 20 à 30 %, limitant la récolte journalière sous la barre des 200 kilos. En cas de vagues de chaleur, les volumes peuvent doubler, incitant les maraîchers à ouvrir des créneaux de cueillette supplémentaires, qui s’élargiront bientôt aux framboises, aux cerises et aux asperges.

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