Pour réduire l’empreinte carbone de ses missions en mer, l’Ifremer expérimente une nouvelle approche : mener des campagnes scientifiques à bord de voiliers. Une initiative innovante, testée en conditions réelles, qui pourrait transformer durablement la recherche océanographique.

Une expérimentation pour réduire l’impact carbone
Face à l’urgence climatique, l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) s’engage dans une démarche de décarbonation de ses activités en mer. L’institut participe à un projet inédit consistant à utiliser des voiliers pour mener des campagnes scientifiques, en remplacement partiel des navires traditionnels très consommateurs en carburant.
Concrètement, plusieurs missions sont menées en 2026 à bord d’un voilier aménagé pour la recherche. L’objectif est clair : démontrer qu’il est possible de réduire significativement les émissions de CO₂ sans compromettre la qualité des données scientifiques. Selon les premières estimations, ce type d’approche pourrait permettre de diminuer les émissions jusqu’à environ 35 % .
« On doit prendre notre part de la décarbonation »
Pour les équipes impliquées, cette expérimentation répond à une nécessité. « On doit prendre notre part de la décarbonation », souligne un responsable du projet selon France 3 Nouvelle Aquitaine, insistant sur le rôle des institutions scientifiques dans la transition écologique.
Au-delà de l’aspect environnemental, la voile présente aussi des avantages scientifiques : navigation plus silencieuse, absence de pollution liée aux hydrocarbures et meilleure qualité de certaines mesures, notamment acoustiques ou chimiques.
Vers une nouvelle manière de faire de la recherche en mer
Cette phase de test doit permettre d’évaluer la fiabilité de ces missions à la voile et d’identifier les adaptations nécessaires. Si les résultats sont concluants, cette méthode pourrait être développée à plus grande échelle dans les années à venir.
L’enjeu est double : réduire l’impact environnemental de la recherche océanographique tout en maintenant un haut niveau d’exigence scientifique. Une évolution qui s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’avenir des flottes de recherche et leur adaptation aux défis climatiques.