Pour les Angevins, la Maine peut être évocatrice de bien des choses : un lieu d’exercice, pour les pompiers et les militaires, un souvenir douloureux pour ceux qui ont vécu au plus près les inondations de février, mais pour la plupart, la rivière est l’un des symboles de la douceur de l’Anjou.

Les berges de Maine, un espace prisé
Avec le retour des beaux jours, il suffit de se promener un peu pour voir s’animer les chemins qui bordent la Maine. À l’ombre de son parasol, Philippe attend que l’une de ses cannes à pêche ferre une carpe. Cela fait 40 ans qu’il pêche sur la rivière. « Pour un angevin, c’est bien d’avoir la Maine, c’est un endroit paisible » confie-t-il
Même constat pour Emmanuelle, 21 ans, étudiante, qui court régulièrement sur les berges :
« C’est mieux que de courir dans la rue, où je dois constamment me décaler pour doubler les gens ». Elle poursuit, « c’est plus calme et il n’y a pas toutes les voitures ».
Un espace pour pratiquer des activités sportives donc, mais aussi un espace de détente. « Je passe toutes mes pauses déjeuner ici », souffle Stéphanie, debout au bord de la rivière, un
« cadre sympathique » qui lui permet de s’éloigner un peu de la ville et de son travail le temps du midi.
Même sur l’eau, on s’amuse
Plus en aval, au Quai des Carmes, on retrouve les embarcations de plaisance.
« L’équinoxe », un bateau blanc où flottent les drapeaux de la France et de l’Anjou, ne ressemble pas à ses voisins silencieux. Éric y a réuni ses amis. Il profite de sa retraite et des journées ensoleillées pour boire l’apéritif, pêcher et même voyager avec son bateau.
« Ça me fait sortir de la routine » sourit-il, le rire de ses copains en fond. Pour lui, la Maine est un espace de détente.
Mais la rivière n’est pas seulement un lieu de repos, à la nuit tombée, elle peut aussi se muer en repère de fêtards. « La Péniche », un bateau-discothèque, en accueille régulièrement. Samuel est l’un d’entre eux, à l’occasion de galas étudiants, il est venu à plusieurs reprises faire la fête sur l’embarcation, à même la rivière : « c’est marrant de se dire qu’on est sur l’eau, ça change ». Il nuance tout de même : « souvent, les tarifs sont un peu trop élevés ».
S’installer en bord de Maine, « ça a un coût »
De l’autre côté, en amont de la Maine, Promenade des Reculées, Arnaud et Sabrina ont fait de la rivière l’un des arguments forts de leur restaurant, le “Tam’s”. « On avait déjà un établissement Boulevard Carnot » relate Arnaud, « mais on cherchait quelque chose de plus agréable et convivial ». Un point de vue partagé par sa femme : « on est proche du centre-ville, face à la Maine, c’est un cadre idyllique », s’émerveille-t-elle. Mais s’installer au plus près d’une rivière comporte aussi des risques. « Ça a un coût » confirme Arnaud, le
« Tam’s » a été contraint de fermer ses portes lors des inondations en février et est toujours en travaux aujourd’hui. Mais le restaurant sera bientôt de retour, la réouverture est prévue pour le 27 mai à 17H.
Félix Gerbaud