Canicule dans le Grand Ouest : le CHU d’Angers alerte les sportifs face au risque de coup de chaleur

26/05/2026
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crédit : unsplash

Sur les quais, dans les parcs ou sur les routes du Maine-et-Loire, les joggeurs continuent de s’élancer malgré une chaleur déjà écrasante pour une fin de mois de mai. Depuis plusieurs jours, le thermomètre grimpe au-delà des normales de saison dans tout le Grand Ouest, plaçant les organismes sous tension. Une situation qui inquiète les médecins du CHU d’Angers, alors que les événements sportifs se multiplient à l’approche de l’été.

Courses sur route, trails, tournois et entraînements en plein air attirent encore de nombreux participants, parfois peu conscients des dangers liés à l’effort physique sous de fortes chaleurs. Les médecins angevins mettent aujourd’hui en garde contre les coups de chaleur d’exercice, des accidents parfois spectaculaires qui peuvent conduire à des hospitalisations en réanimation, voire provoquer des décès.

« Le coup de chaleur peut toucher tous les sportifs »

Au CHU d’Angers, les services de réanimation et de médecine du sport observent avec attention cette période à risque. Le professeur Pierre Asfar rappelle que les premiers signes peuvent sembler anodins avant de devenir très graves.

« Éblouissements, vertiges, nausées, fatigue inhabituelle, troubles de la vision ou propos incohérents doivent immédiatement alerter », explique le médecin réanimateur. « Ces signes neurologiques, lorsqu’ils apparaissent pendant ou après l’effort, doivent conduire à un refroidissement immédiat. »

Contrairement à certaines idées reçues, ces accidents ne concernent pas uniquement les sportifs occasionnels ou mal préparés. « Le coup de chaleur peut survenir quel que soit le niveau sportif de la personne », insiste le praticien angevin. Les coureurs expérimentés peuvent eux aussi être victimes d’un emballement de leur température corporelle, notamment en compétition, lorsqu’ils cherchent à dépasser leurs limites.

Une menace qui apparaît parfois dès 25 degrés

L’alerte intervient alors que le Maine-et-Loire traverse un épisode caniculaire particulièrement précoce. Mais les médecins rappellent qu’il n’est pas nécessaire d’atteindre des records de chaleur pour que le danger apparaisse.

« Les sportifs peuvent être victimes d’un coup de chaleur dès 25°C », souligne le professeur Pierre Abraham. En cause : la combinaison entre l’effort physique, l’humidité et parfois l’absence de vent, qui empêche le corps d’évacuer correctement la chaleur.

Car pendant l’exercice, le muscle produit naturellement une quantité importante de chaleur. Lorsque les mécanismes de refroidissement deviennent insuffisants, la température corporelle grimpe rapidement. Le malaise peut alors survenir brutalement.

« Il faut savoir réduire son activité »

Face à ces conditions exceptionnelles, les médecins du CHU appellent les sportifs à adapter leur pratique, quitte à renoncer à certaines épreuves.

« Il faut savoir réduire son activité physique, voire ne pas participer à une compétition lorsque les conditions deviennent défavorables », rappelle le Pr Pierre Abraham.

Les spécialistes recommandent également de boire régulièrement avant même d’avoir soif, de s’asperger le visage et la nuque avec de l’eau fraîche et d’éviter les efforts les plus intenses aux heures les plus chaudes de la journée.

Certaines personnes présentent par ailleurs des facteurs aggravants : surcharge pondérale, manque d’entraînement, infection virale récente, pathologie chronique ou antécédents de crampes et de fatigue pendant l’effort. Dans ces situations, les médecins recommandent de demander un avis médical avant toute pratique sportive intensive.

Des organisateurs invités à adapter les compétitions

Cette vigilance concerne aussi les organisateurs d’événements sportifs, nombreux en cette fin de printemps dans le Grand Ouest. Le CHU d’Angers rappelle que les autorités sanitaires recommandent d’adapter les horaires des épreuves, de renforcer les dispositifs de secours et, si nécessaire, de reporter ou d’annuler certaines compétitions.

Des espaces de rafraîchissement, des points d’eau supplémentaires ou encore des moyens de ventilation peuvent également être déployés pour limiter les risques.

Réagir vite face à un malaise

Pour les médecins angevins, la rapidité d’intervention reste essentielle lorsqu’un sportif présente les signes d’un coup de chaleur.

Il faut immédiatement stopper l’effort, mettre la personne à l’ombre ou dans un endroit frais, commencer à la refroidir, notamment avec des sacs de glace placés sur les bras et les cuisses, tout en alertant les secours.

Alors que les fortes chaleurs devraient encore se maintenir plusieurs jours sur le Maine-et-Loire et le Grand Ouest, le CHU d’Angers appelle chacun à faire preuve de prudence. Car sous le soleil, même les sportifs les plus aguerris ne sont pas à l’abri.

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