La Normandie va devoir trouver des milliers de professionnels de santé dans la prochaine décennie

27/05/2026
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Un réel besoin de médecin commence à se faire ressentir dans la Manche / DR

Le vieillissement de la population normande annonce un défi majeur pour le système de soins local. Selon une étude détaillée de l’Insee relayée par La Presse de la Manche, la région devra impérativement recruter des milliers de praticiens libéraux d’ici l’année deux mille trente-cinq. Cette nécessité pressante s’explique par la hausse naturelle de la demande médicale conjuguée au départ à la retraite massif des effectifs actuellement en exercice sur le territoire.

Une démographie vieillissante et gourmande en soins
Si la population globale du territoire normand devrait stagner au cours des prochaines années, sa structure par âge va subir une profonde mutation. Le nombre d’habitants âgés de plus de soixante ans, et tout particulièrement la tranche des plus de soixante-quinze ans, va connaître une progression spectaculaire. Cette frange de la population sollicite de manière exponentielle les professionnels de la santé au quotidien. Les actes infirmiers sont par exemple cinq fois plus demandés par ces seniors, tandis que le recours aux masseurs-kinésithérapeutes est quasiment triplé. Pour maintenir une offre de soins constante face à cette simple évolution démographique, des départements particulièrement exposés comme l’Eure ou le Calvados devront drastiquement augmenter leurs capacités de prise en charge.

Une vague inexorable de départs à la retraite
Au-delà de cette demande croissante, la région s’apprête à affronter le vieillissement de ses propres médecins et soignants. Une part considérable des praticiens quittera la profession d’ici une dizaine d’années pour profiter d’une cessation d’activité. Les projections anticipent ainsi la disparition de la moitié des médecins généralistes libéraux et d’un infirmier sur deux à l’échelle régionale. La situation s’annonce même extrêmement tendue dans certains secteurs géographiques, à l’image de l’Orne où plus de soixante pour cent des docteurs actuellement installés pourraient fermer définitivement leur cabinet. Le constat est d’ailleurs tout aussi alarmant pour les établissements hospitaliers et les structures médico-sociales, qui s’attendent également à perdre des milliers de salariés expérimentés.

Un besoin de recrutement colossal pour éviter la pénurie
En combinant l’augmentation des besoins liés à l’âge des patients et le remplacement impératif des départs prévus, le bilan chiffré donne le vertige. La Normandie devra attirer environ trois mille cent infirmiers, mille quatre cents médecins généralistes et mille deux cents kinésithérapeutes supplémentaires pour équilibrer son maillage libéral. Bien que ce vaste secteur géographique figure déjà parmi les moins bien dotés de France en matière d’infrastructures médicales, une lueur d’espoir subsiste néanmoins. La dynamique des nouvelles installations observée au cours des cinq dernières années affiche une progression encourageante, laissant présager une potentielle consolidation des soins de proximité si ce rythme de recrutement parvient à se maintenir sur le long terme.

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