
La chambre disciplinaire de première instance (CDPI) de l’Ordre des médecins des Pays de la Loire a débouté un homme qui lui avait demandé de “prononcer une sanction” à l’égard d’un médecin généraliste de Montrevault-sur-Evre (Maine-et-Loire).
Jérémie XXX avait au préalable envoyé sa plainte contre le Dr Olivier XXX au conseil départemental de l’ordre des médecins (CDOM) de Maine-et-Loire, qui s’était contenté de la “transmettre” à la chambre disciplinaire à Nantes “sans s’y associer” sur le fond.
“Le Dr XXX m’a prescrit à trois reprises, entre janvier et juillet 2024, des crèmes et des antihistaminiques inadaptés à mes problèmes dermatologiques”, avait donc expliqué cet homme connu pour vendre du matériel agricole sur la commune aux médecins qui composent la CDPI, une instance collégiale présidée par un magistrat administratif.
Le médecin généraliste de Montrevault-sur-Evre avait par la suite écrit une “lettre de recommandation” à des spécialistes mais “sans prendre contact directement” avec eux pour qu’ils reçoivent son patient. Comme “les cinq dermatologues proposés n’ont pas pu me recevoir”, Jérémie XXX avait donc saisi la chambre disciplinaire… En réponse, l’avocat du médecin, Me Frédéric Deniau, lui avait réclamé 1.500 € pour les frais de justice générés par cette plainte “pas fondée”.
“Il n’appartient pas à la chambre de se prononcer sur les éventuelles erreurs médicales imputables au docteur XXX – notamment concernant le diagnostic posé – mais seulement de vérifier que le médecin s’est mis en capacité de prendre une décision (…) avec soin, dévouement et conscience”, commence ainsi par recadrer la chambre disciplinaire de première instance de l’Ordre des médecins des Pays de la Loire, dans une décision en date du 12 mars 2026 qui vient d’être rendue publique.
“En l’espèce (…) le Dr XXX a personnellement et consciencieusement suivi M. XXX entre janvier et juillet 2024”, trouve la CDPI. “Il a prescrit au patient les traitements d’usage (…) et a adressé son patient, compte tenu de son état de santé, à des médecins spécialisés en dermatologie.”
“Si M. XXX reproche au Dr XXX de ne pas avoir personnellement et directement réalisé les démarches en vue d’obtenir un rendez-vous chez un dermatologue, cette circonstance ne saurait caractériser un manquement à ses obligations déontologiques”, conclut la chambre disciplinaire de première instance du conseil régional de l’ordre des médecins des Pays de la Loire. La plainte a donc été “rejetée” et son auteur condamné à payer 1.500 € au médecin de Montrevault-sur-Evre pour ses frais d’avocat./GF