Sarthe : la FSU-SNUIPP dénonce la généralisation des pôles d’appui à la scolarité à la rentrée 2026

27/05/2026
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Le syndicat FSU-SNUIPP 72 s’oppose au déploiement des pôles d’appui à la scolarité (PAS) prévu dans toute la Sarthe à la rentrée 2026. Présenté par l’Éducation nationale comme un dispositif destiné à mieux accompagner les élèves en difficulté ou en situation de handicap, ce système est jugé inefficace et trop administratif par les représentants des enseignants du premier degré.

Dix pôles d’appui à la scolarité dans le département

Selon France Bleu, à partir de septembre 2026, neuf nouveaux pôles d’appui à la scolarité doivent être créés dans la Sarthe, en complément de celui déjà mis en place dans la circonscription de La Ferté-Bernard depuis septembre 2025.

Chaque PAS doit réunir un enseignant détaché et un éducateur spécialisé afin d’accompagner les élèves rencontrant des difficultés scolaires, comportementales ou liées à un handicap.

Le dispositif fonctionne comme un guichet unique chargé de coordonner les aides, qu’il s’agisse d’un soutien scolaire ou de la mise en place d’un accompagnement spécifique pour les élèves concernés.

Le syndicat critique un système « éloigné du terrain »

Lors d’une conférence de presse organisée mercredi 27 mai au Mans, la FSU-SNUIPP 72 a exprimé son opposition à cette généralisation.

Pour le syndicat, le PAS risque d’être moins efficace que les réseaux d’aide spécialisée aux élèves en difficulté (RASED), déjà existants dans les établissements scolaires.

« Le PAS se compose de deux personnes qui sont dans un bureau. Au lieu d’avoir des discussions formelles ou informelles avec des collègues présents sur le terrain pour évoquer des cas particuliers, nous devrons encore remplir des dossiers », explique Rose Francheteau, co-secrétaire de la FSU-SNUIPP 72.

« Des dossiers que nous devrons envoyer à une personne que l’on n’aura jamais vue et qui décidera de mettre en place une aide particulière à un enfant qu’elle n’aura jamais rencontré », poursuit-elle.

Des enseignants en moins dans les classes

Le syndicat estime également que la création des PAS entraînera un retrait d’enseignants devant les élèves.

« Il y a des situations explosives dans certaines classes avec des enfants qui vont très mal, des personnels qui vont très mal aussi. Nous avons besoin de plus d’adultes formés dans les classes auprès de nos élèves », affirme Mathilde Jack, autre co-secrétaire du syndicat.

« Ce sera bien plus utile pour repérer et aider rapidement les enfants en difficulté que d’envoyer un dossier à quelqu’un qui est dans un bureau à plusieurs kilomètres de l’école », ajoute-t-elle.

Les représentants syndicaux rappellent que 37 fermetures de classes sont prévues dans la Sarthe à la rentrée 2026, alors même que certaines écoles pourraient se retrouver avec des effectifs particulièrement élevés.

Leiza Touahria cite notamment l’exemple de l’école de Dissay-sous-Courcillon : « Il y aura plus de 30 enfants dans cette classe. Nous l’avons signalé à la direction de l’académie et il n’y a eu aucune réponse pour le moment. »

Une réforme défendue par la députée Julie Delpech

La FSU-SNUIPP 72 critique également l’extension du dispositif alors que les députés ont rejeté le 11 mai dernier la généralisation des PAS lors du vote de la loi sur l’école inclusive.

Contactée par Ici Maine, la députée Renaissance de la Sarthe Julie Delpech défend néanmoins le projet.

« Un enfant qui a des troubles de l’apprentissage, des besoins éducatifs particuliers, même si on a davantage d’enseignants, l’enseignant tout seul ne saura pas forcément quelle adaptation mettre en place », estime-t-elle.

« La force des P.A.S, c’est qu’il y a ce binôme entre le médico-social et l’Éducation nationale. Il y a eu quatre départements préfigurateurs sur les pôles d’appui à la scolarité, et la moyenne de réponse et de mise en place d’adaptation, c’était 12 jours », souligne la députée.

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