
L’Institut de Cancérologie de l’Ouest (ICO) met en place un nouveau programme baptisé « Interception ». Son objectif : repérer plus tôt les personnes présentant un risque plus élevé de développer certains cancers afin de mieux les accompagner et, si possible, éviter l’apparition de la maladie.
Inspiré d’un dispositif lancé au niveau national par Gustave Roussy, ce programme veut faire évoluer la prise en charge en misant davantage sur la prévention et le dépistage personnalisé.
Agir avant que la maladie n’apparaisse
Concrètement, Interception s’adresse aux personnes qui présentent des facteurs de risque particuliers : antécédents familiaux de cancer, prédisposition génétique, certaines maladies ou encore habitudes de vie pouvant favoriser l’apparition d’un cancer.
L’idée est simple : ne plus attendre qu’un cancer soit diagnostiqué pour agir.
Selon l’Institut national du cancer, près de 40 % des cancers pourraient être évités grâce à des changements de comportement ou à une meilleure prévention. Le tabac, l’alcool, le manque d’activité physique, l’alimentation, l’exposition excessive au soleil ou certaines expositions professionnelles figurent parmi les principaux facteurs de risque.
« Avec Interception, nous voulons proposer aux personnes à risque un accompagnement personnalisé, compréhensible et concret », explique le Dr Stéphanie Larramendy, directrice de la prévention et du partenariat patient à l’ICO.
Une journée pour faire le point sur sa santé
Lorsqu’une personne est identifiée comme étant plus à risque, elle pourra être invitée à participer à une journée spéciale appelée « One Stop ».
Durant cette journée, plusieurs rendez-vous sont regroupés au même endroit : échanges avec des professionnels de santé, ateliers de prévention, examens éventuels, conseils sur l’alimentation ou l’activité physique, questionnaires de santé et consultations spécialisées.
À la fin du parcours, chaque participant repart avec un programme adapté à sa situation : examens à réaliser, fréquence du suivi médical, accompagnement pour arrêter de fumer, conseils nutritionnels ou encore activité physique adaptée.
L’objectif, insiste l’ICO, n’est pas de culpabiliser les patients mais de leur donner des outils concrets pour agir sur leur santé.
Pour les personnes ayant un risque génétique qui ne peut pas être modifié, le programme permettra surtout de renforcer le dépistage afin de détecter d’éventuels cancers le plus tôt possible.
Un suivi assuré près de chez soi
Le programme repose aussi sur une meilleure coordination entre l’hôpital et les professionnels de santé de proximité.
Médecins traitants, pharmaciens, infirmiers, sages-femmes ou spécialistes pourront participer au suivi des patients et les orienter vers Interception si nécessaire.
L’ICO précise que le suivi ne sera pas uniquement hospitalier. Les examens et accompagnements pourront être réalisés au plus près du domicile des patients, en lien avec leur médecin.
En cas de suspicion de cancer, une prise en charge rapide sera mise en place.
Un projet soutenu par le mécénat
Pour financer le développement du programme, l’ICO pourra s’appuyer sur Persévérance, son fonds de dotation dédié au mécénat.
Particuliers, associations et entreprises pourront soutenir ce projet tourné vers la prévention et le dépistage.
« Prévenir, c’est déjà agir contre le cancer », rappelle l’institut.
Les modalités pratiques d’accès au programme Interception doivent encore être précisées par l’ICO dans les prochains mois.