REPORTAGE. Baignades dangereuses dans la Loire : malgré les drames, les jeunes continuent de plonger

29/05/2026
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Crédit Angers Info – Sacha, Aristide et Zadig profitent de la fraîcheur de l’eau de la Loire aux Ponts-de-Cé malgré l’interdiction. “Nous restons prudents”, lancent-ils.

Le soleil écrase encore les berges des Ponts-de-Cé en cette fin de journée. Il est un peu plus de 18 h et la chaleur est étouffante. Sur les bords de Loire, les serviettes sont étalées, les rires résonnent, les enceintes crachent de la musique et certains jeunes n’hésitent pas à se jeter dans une eau qui paraît si rafraîchissante. Pourtant, ici, la baignade est interdite. Et dangereuse.

Ces derniers jours, deux drames sont venus rappeler la violence imprévisible des cours d’eau dans le Maine-et-Loire. Dimanche 24 mai, Néa Koko, un adolescent de 15 ans originaire de Rives-du-Loir-en-Anjou, a tragiquement perdu la vie alors qu’il se baignait dans le Loir avec des amis. Le jeune homme tentait de traverser la rivière lorsqu’il s’est retrouvé en difficulté.

Quelques jours plus tard, mercredi 27 mai vers 18 h, un autre adolescent de 17 ans est mort noyé dans un bras de la Loire, à Saumur. Malgré l’intervention rapide des secours, il n’a pas pu être réanimé. Des drames qui bouleversent profondément les habitants, mais qui ne suffisent pas toujours à éloigner les jeunes des fleuves et des rivières.

Aux Ponts-de-Cé, Zadig, 17 ans, observe ses amis nager depuis le ponton. Lui aussi se baigne régulièrement dans la Loire. « On sait que c’est dangereux », reconnaît-il. « Depuis que nous sommes petits, on nous le dit. Mais quand il fait cette chaleur, c’est difficile de résister. » À ses côtés, Sacha et Aristide, tous deux âgés de 16 ans, racontent avoir grandi au bord de l’eau. « On connaît un peu les endroits », explique Sacha. « On fait attention, on ne se baigne jamais seuls. »

Mais ont-ils véritablement conscience du danger ? « Le courant peut être très fort, on évite d’aller au milieu », ajoute Aristide. « Il y a des trous, du sable mouvant, des branches… Parfois, on ne voit rien sous l’eau. Il faut rester prudent. »

Car derrière l’apparente tranquillité de la Loire se cachent de nombreux dangers : des courants puissants, des différences soudaines de profondeur, des températures parfois très froides ou encore des obstacles invisibles sous la surface. Chaque été, les autorités rappellent que la baignade sauvage reste l’une des principales causes de noyade dans la région. Mais malgré les panneaux d’interdiction et les campagnes de prévention, les jeunes continuent de venir chercher un peu de fraîcheur au bord du fleuve.

« Je les vois souvent sauter du pilier du pont », témoigne cette mère de famille qui habite juste en face de la Loire, aux Ponts-de-Cé. Maman de deux adolescents, elle refuse que ces derniers se baignent dans le fleuve. « Ils savent que c’est interdit, mais je ne peux pas tout contrôler. Alors, je leur rappelle souvent les consignes. C’est tellement dangereux, et un accident peut arriver si rapidement. »

Le soleil ne tarde pas à se coucher. Ce n’est pas encore l’été et il est presque 22h. Demain il y a cours mais les plongeons s’enchaînent encore. Et dans les esprits, les récents drames rappellent que la Loire peut devenir mortelle en quelques secondes.

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