
La nuit du 30 au 31 mai a été marquée par des violences urbaines à Angers après la victoire du PSG et son sacre en finale de la Ligue des champions. Ce dimanche, la ville panse ses plaies : des commerces ont été pris pour cible et du mobilier urbain a été détruit. La municipalité prévoit des actions pour les prochains évènements culturels et sportifs.
Ce dimanche, en début d’après-midi, l’heure n’est pas à la fête dans le centre-ville d’Angers. Quelques heures après la victoire du Paris Saint-Germain en finale de la Ligue des champions, les habitants découvrent les stigmates d’une nuit marquée par des violences urbaines, des dégradations et des pillages. Les vidéos publiées sur les réseaux sociaux font le tour du web, jusqu’au journal de 13 heures de TF1.
Rue Saint-Aubin, de nombreux passants s’arrêtent, consternés, devant la boutique Foot Locker. La vitrine a été entièrement détruite lors des incidents survenus dans la nuit. Le magasin a été pillé par des dizaines de jeunes qui n’étaient pas venus pour célébrer la victoire du club parisien, mais pour casser. Devant l’enseigne, une équipe de sécurité privée assure désormais une surveillance permanente des lieux. Le responsable du magasin s’est déplacé pour constater l’étendue des dégâts. « Il y a beaucoup plus de dégâts que la simple vitrine, mais je ne peux pas en dire davantage pour le moment », explique-t-il.
Des dégâts pour plusieurs milliers d’euros
Selon nos informations, plusieurs articles ont été dérobés à l’intérieur de la boutique. Des chaussures ont notamment été volées, sans que les auteurs ne parviennent toujours à s’emparer des paires complètes. Des vêtements ont également disparu. Le montant total du préjudice est estimé à plusieurs milliers d’euros. Quelques centaines de mètres plus loin, rue Bressigny, une pharmacie a également été prise pour cible. Sa vitrine a été totalement brisée par les casseurs. Toutefois, ces derniers ne sont pas parvenus à pénétrer dans l’établissement.
« J’étais à mon balcon quand j’ai entendu du bruit. J’ai reçu du gaz lacrymogène et j’avais la gorge qui piquait », raconte un riverain de la rue Bressigny. « Mais c’est quoi, cette manie de piller et de casser lorsqu’une équipe gagne ? Ça va être quoi à la Coupe du monde et à chaque fois que la France va gagner ou perdre ? Ils vont tout casser ? C’est vraiment pitoyable », regrette-t-il.
Dans un communiqué publié ce dimanche matin, la préfecture de Maine-et-Loire indique que « quelques centaines d’individus ont profité des manifestations de joie consécutives à la finale de la Ligue des champions de l’UEFA 2025-2026 pour se rassembler dans l’objectif de se confronter aux policiers et de piller des magasins du centre-ville ».
Anthony Lusson, adjoint au maire d’Angers chargé de la sécurité, dresse de son côté un premier bilan des dégradations constatées après les violences de la nuit. Un abribus situé boulevard Foch a été incendié et plusieurs poubelles ont également été brûlées. Rue d’Alsace, de nombreux débris de verre jonchaient encore le sol au petit matin, avant l’intervention rapide des services de propreté. « Ce matin, tout était propre », souligne l’élu.
La Ville veut s’organiser pour les futurs évènements
Selon lui, les troubles ont été le fait de « petits groupes de 15 à 20 individus » qui « allaient au contact et cherchaient l’affrontement avec les forces de police ». Face à ces événements, la Ville entend tirer les enseignements nécessaires en vue des prochains rassemblements populaires, notamment lors de la Coupe du monde. « Il faut faire le point sur les moyens à mobiliser, les consignes à transmettre aux commerçants, mais aussi sur les chantiers ouverts dont les gravats ou les ganivelles peuvent servir de projectiles », explique-t-il. Douze agents de la police municipale avaient été mobilisés dans la nuit.
Anthony Lusson assure également que des dispositifs adaptés seront déployés lors des prochains événements festifs, notamment pour la Fête de la musique, durant laquelle la brigade équestre sera engagée. « On doit être capable de faire la fête sans que cela dégénère », conclut-il.