Intelligence artificielle : Angers au cœur d’un investissement de plus de 120 millions d’euros

01/06/2026
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Crédit Atos

L’usine angevine de Bull va jouer un rôle clé dans la fabrication des futures infrastructures d’intelligence artificielle destinées à l’Europe et au reste du monde.

Angers s’apprête à renforcer sa place sur la carte mondiale des nouvelles technologies. L’entreprise Bull, implantée dans la capitale angevine et spécialisée dans les supercalculateurs et les infrastructures numériques, vient d’annoncer un partenariat stratégique avec le géant taïwanais Foxconn, premier fabricant mondial de produits électroniques.

Objectif : produire depuis l’Europe les équipements indispensables au développement de l’intelligence artificielle (IA) et du cloud, ces gigantesques centres de données qui alimentent les services numériques du quotidien.

Pour concrétiser ce projet, un investissement initial de plus de 120 millions d’euros est annoncé en France.

Angers, maillon essentiel de la future filière européenne de l’IA

Concrètement, les premiers éléments des serveurs et systèmes d’intelligence artificielle seront fabriqués dans les usines de Foxconn en République tchèque. Mais c’est à Angers que se dérouleront les étapes finales les plus stratégiques : assemblage, intégration des composants et validation des systèmes avant leur livraison aux clients.

Ces équipements de nouvelle génération sont destinés aux entreprises, aux fournisseurs de cloud, aux centres de recherche et aux futures « usines à IA » qui se développent partout en Europe.

L’ambition est claire : permettre au continent européen de réduire sa dépendance aux technologies produites en Asie ou aux États-Unis.

Une réponse aux enjeux de souveraineté numérique

L’intelligence artificielle est devenue un enjeu économique majeur. Pourtant, l’Europe reste aujourd’hui largement dépendante de fournisseurs étrangers pour les composants électroniques, les centres de calcul et les infrastructures numériques.

Selon les données citées par les industriels, l’Europe ne représente qu’environ 8 % de la production mondiale de semi-conducteurs et moins de 5 % de certains marchés stratégiques liés à l’intelligence artificielle.

Face à ce constat, Bull et Foxconn souhaitent bâtir une chaîne de production plus locale et plus résiliente. Une démarche qui s’inscrit dans la volonté européenne de développer une « IA souveraine », capable de s’appuyer sur des infrastructures conçues et produites sur le continent.

Des serveurs capables d’entraîner les intelligences artificielles

Les systèmes développés dans le cadre de ce partenariat seront conçus pour les tâches les plus gourmandes en puissance de calcul : l’entraînement des modèles d’intelligence artificielle ou encore leur exploitation au quotidien.

Ils intégreront les composants les plus avancés du marché, notamment des processeurs spécialisés, des cartes graphiques de très haute performance, des systèmes de stockage rapides et des réseaux de communication capables de traiter d’immenses volumes de données.

Ces équipements pourront être utilisés aussi bien par de grandes entreprises que par des laboratoires de recherche ou des fournisseurs de services numériques.

« Une étape importante pour Bull »

Pour Emmanuel Le Roux, directeur général de Bull, ce partenariat marque une nouvelle étape dans le développement de l’entreprise :

« En unissant nos forces avec Foxconn, nous franchissons une étape concrète pour proposer des infrastructures d’IA compétitives conçues en Europe tout en contribuant à un écosystème numérique plus résilient sur le continent. »

Même satisfaction du côté de Foxconn. Jesse Chao, responsable de l’IA et du quantique au sein du groupe, estime que cette collaboration permettra de construire « une chaîne d’approvisionnement en IA résiliente et compétitive pour le marché européen ».

Une nouvelle reconnaissance pour le site angevin

Déjà reconnu pour son savoir-faire dans le domaine du calcul haute performance, le site Bull d’Angers confirme ainsi son rôle stratégique dans l’industrie numérique européenne.

À l’heure où l’intelligence artificielle s’impose dans tous les secteurs de l’économie, de la santé à l’industrie en passant par la recherche, l’usine angevine pourrait devenir l’un des points d’appui majeurs de cette nouvelle révolution technologique en Europe.

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