Deux ans après avoir quitté Paris pour s’installer dans le Sud-Manche, Mariane Herzock et son compagnon Thomas Célières se sont lancés dans le défi d’une vie : restaurer le château de Saint-Pois. Un chantier d’envergure mené en famille, qui combine préservation du patrimoine historique et développement d’un projet touristique porteur d’espoir pour l’économie locale.
Le rêve de trois générations de femmes
Diplômée en histoire et formée à la gestion de projet, Mariane Herzock a concrétisé un projet imaginé avant elle par sa mère et sa grand-mère. C’est à la suite d’un coup de cœur pour l’architecture du XVIIIe siècle et les huit hectares de domaine que l’acquisition a été scellée à travers une structure familiale regroupant huit copropriétaires. Pour un coût initial de 860 000 euros (frais de notaire inclus), complété par des charges annuelles d’assurances et de taxes s’élevant à près de 20 000 euros, la famille a mobilisé ses fonds pour acquérir la bâtisse de 1 800 m² d’après France 3 Normandie. Pendant que Thomas conserve son activité professionnelle pour garantir la stabilité financière du foyer, Mariane se consacre à plein temps à la conduite des travaux et à la promotion du site.
Une restauration artisanale et authentique
Le monument, composé de près de trente pièces dont 18 chambres, nécessite un important travail d’assainissement après des années d’abandon. Le jeune couple privilégie une démarche d’auto-rénovation respectueuse de l’histoire du bâtiment, en utilisant notamment des techniques traditionnelles comme la peinture à la chaux, plus économique et adaptée à la pierre ancienne. À ce jour, une enveloppe de 300 000 euros a permis de remettre à neuf trois chambres d’hôtes et un gîte. L’objectif à court terme est de générer des revenus d’exploitation avec des nuitées proposées à partir de 170 euros afin d’autofinancer les tranches de travaux ultérieures.
Un second souffle pour la commune
Cette installation est accueillie très favorablement par la municipalité et les 450 habitants de Saint-Pois, qui perçoivent le projet comme un levier de dynamisation pour le tissu commercial de proximité. Au-delà de l’impact touristique, l’intégration des nouveaux châtelains se traduit par un échange historique avec les riverains. En l’absence d’archives officielles, la propriétaire s’appuie sur la mémoire orale des habitants pour reconstituer l’histoire locale du domaine et documenter l’évolution des différentes pièces au fil des siècles.
